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Auteur Fil de discussion: LA PRIERE DU TALAWEH EST-ELLE UNE INNOVATION ?  (Lu 6508 fois)
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Sajida'Allâh
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« le: Septembre 13, 2008, 14:18:43 »
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bismillah

 Salam Alaykoum Warahamatu'Allah Ta3ala Wabarakatuhu,

Si j'ai bien Compris certaines personnes essaye à tout pris d'effacer la Sunnah de Notre Prophète en nous disant sans arrêt que tout est Innovation  Soubhan' Allah, suite à quelque recherche voilà ce que j'ai trouvé, Qu'Allah nous Guide sur Son droit Chemin  amine


La prière d'al-Tarâwîh

1/Son statut

Elle est instituée en groupe selon le hadîth de 'Â'isha  Radhi Allah 'Anha (qu'Allâh l'agrée) qui dit :

"[Une fois] le Prophète  Salla-llah allahi wa salam sortit au milieu de la nuit, et pria dans la mosquée et des hommes suivirent sa prière. Le lendemain ces hommes en parlèrent [à autres) et ils se réunirent en core plus nombreux, il pria et ils prièrent avec lui. Le lendemain, ces hommes en parlèrent [encore à d'autres]. Ainsi, dès la troisième nuit, ceux qui priaient dans la mosquée devinrent (encore]plus nombreux.Puis le Messager d'Allâh  Salla-llah allahi wa salam sortit, et on suivit sa prière. Et à la quatrième nuit la mosquée fut débordée de gens qui priaient jusqu'à ce que le Prophète  Salla-llah allahi wa salam sortît pour la prière du matin. Lorsqu'il finit [la prière de] de l'aube, il prononça la Shahâda (C'est les deux attestations de foi) (tashahhada) et dit :"En effet, votre présence ne m'était pas cachée (c-à-d que je savais que vous m'attendiez pour la prière de nuit), mais j'ai crains qu'elle (la prière de nuit) ne vous soit obligatoire et que vous soyez incapable". Puis le Messager d'Allâh mourut sans que cela ne changea" (al-Bukhârî, Muslim)

En revanche, lorsque le Messager  partit auprès de Son Seigneur, la religion fut fixée. Donc, la possibilité de son accomplissement en groupe reste valable, vu la disparition de la cause qui l'empêchait. Car la cause dépend de l'effet existant ou inexistant.

Par après, cette Sunna fut revivifiée par le Calife bien guidée 'Umar b. al-Khattâb (qu'Allâh l'agrée) comme l'a rapporté 'Abd al-Rahmân b. 'Abd al-

Qâriy qui dit :

" Je suis allé à la mosquée avec 'Umar b. al-Khattâb (qu'Allâh l'agrée) pendant une nuit de Ramadan et les gens y étaient dispersés en petits groupes. Les uns priaient individuellement, les autres étaient suivis par un groupe. Puis 'Umar dit : "Je vois qu'il serait mieux de rassembler ceux-là derrière un seul récitateur. Puis, il a décidé de les rassembler derrière Ubay b. Ka'b. Ensuite, j'y suis allé avec lui alors que les gens priaient derrière leur récitateur. Et 'Umar a dit : "Quelle excellente innovation (le terme "innovation" employé par 'Umar est à comprendre ici au sens linguistique du terme. C'est-à-dire une chose qui n'a pas été faite ni durant le califat de Abû Bakr, ni au début du califat de 'Umar. La preuve en est que le fait de prier al-Tarâwîh fût instauré par le Prophète lui-même (voir le hadîth de 'Â'isha cité précedemment) ( Ni'mat al-Bid'a hâdhihi) ! (La prière] pendant laqulle ils dorment est encore meilleure que celle qu'ils font [maintenant]. Car les gens priaient au début [dela nuit]" (al-Bukhârî, la version supplémentaire est rapporté par Mâlik et 'Abd al-Razzâq)



2/Le nombre de ses rak'ât

Les gens ont divergés quant au nombre de ses rak'at (unités de prière). Mais l'avis qui concorde avec la voie de Muhammad est celui qui dit qu'elle est de huit rak'at sans la prirèe de witr. Et cela d'après le hadîth de 'Â'isha (qu'Allâh l'agrée) qui dit :

"Le Prophète  ne dépassait pas onze rak'ât que ce soit pendant le Ramadan ou en dehors" (al-Bukhârî, Muslim)

Jâbir b. 'Abd Allâh a rapporté un hadîth qui concorde avec celui de 'Â'isha et qui dit :

"Lorsque le Prophète  a célébré avec les gens une des nuits du Ramadan, il a prié huit rak'ât. Puis il a fait la prière de witr" (Ibn Hibbân dans son Sahîh, la-Tabarânî dans al-Mu'jam Saghîr, Ibn Nasr dans Qyyâm al-Layl. Il s'agit d'un hadîth fiable selon l'ensemble de ses chaînes de transmission)

Lorsque 'Umar a réinstauré cette Sunna, il a rassemblé les gens sur onze rak'ât conformément à la Sunna authentiquez selon ce qui est rapporté par Malîk via une chaîne de transmission très authentique via Muhammad b. Yûsuf d'après Ubay b. Yazîd qui dit :"'Umar b. al-Khattâb avait ordonné à Ubay b. Ka'b et Tamîm al-Dârî de guider la prière en priant onze rak'ât". Puis il dit : "Le lectuer lisait des centaines de versets à tl point qu'on s'appuyait sur des bâtons tellement que c'était long. Et l'on ne se dispersait qu'au début de l'aube".

Mais il fut contredit par Yazîd b. Khasîfa qui dit qu'elle est de vingt rakât. Mias il s'agit d'une version contradictoire car Muhmmad b. Yûsuf est plus crédible que Yazîd b. Khasîfa. Et on n peut l'appeler une version supplémentaire acceptable apportée par un homme crédile. Car si c'était le cas elle ne serait pas contradictoire, mais elle apporterait plutôt une information supplémentaire, selon des ouvrages tels que Fath al-Mughîth et al-Kifâya.

Supposons que la version de Yazîd est authentique, il s'agit malgré tout d'un acte, tandis que celle de Muhammad b. Yûsuf est une parole. Cette dernière l'emporte sur l'acte selon la science des fondements de la jurisprudence (Usûl al-Fiqh).

En outre, 'Abd al-Razzâq a cité dans al-Musannaf selon Dâwûd b. Qays et d'autres selon Muhammad b. Yûsuf selon al-Sâ'ib b. Yazîd :"'Umar a rassemblé les gens durant le Ramadan derrière Ubay b. Ka'b et Tamîmal-Dârî pour vingt et un rak'ât pendant lesquelles ils lisaient des centaines de versets. Et ils terminaient au début de l'aube.

Mais cette version est contraire à celle rapportée par Mâlik de la part de Muhammad b. Yûsuf selon al-Sâ'ib, et la chaîne de transmission d la version de 'Abd al-Razzâq paraît authentique car tous les rapporteurs sont des hommes crédibles.

Certains s'appuient sur cette version et prétendent que la version de Muhammad b. Yûsuf est perturbée (mudtarib). Mais ce n'est qye pour la rejeter afin qu'ils adoptent les vingt rak'ât dans celle de Yazîd b. Khasîfa.

c'est une prétention rejetée car le hadîth perturbée (mudtarib), est celui rapporté une fois ou deux par une seule personne ou deux ou par un ensemble de rapporteurs de plusieurs manières différentes, similaires et équivalentes sans que l'une l'emporte sur l'autre
(Tadrîb al-Râwî)

Mais ce critère est absent en ce qui concerne le hadîth de Muhammad b. Yûsuf. Car la version de Mâlik l'emporte sur celle de 'Abd al-Razzâq d'après de mémortisation, cela en supposant que la chaîne de transmission de 'Abd al-Razzâq est exempt de défauts. Mais ce n'est pas le cas car :

a-Ceux qui ont rapporé al-Musannaf de 'Abd al-Razzâq sont plusieurs sont Ishâq b. Ibrâhîm b. 'Ibâd al-Dabarî.

b-Ce hadîth est rapporté par al-Dabarî car c'est celui qui a rapporté le chapitre du jûne d'après 'Abd al-Razzâq
(al-Musannaf)

c-al-Dabarî a entendu a l'âge de sept ans le Musannaf de la part de 'Abd al-Razzâq (Mizân al-I'tidâl)

d-al-Dabarî n'était pas un homme du hadîth et ne figurait pas parmi les spécialistes de domaine (Mîzân al-I'tidâl)

e-C'est pourquoi, sa version d'al-Musannaf comporte beaucoup d'erreurs. Car il a rapporté de la part de 'Abd al-Razzâq des hadîth faibles, étranges (munkar) et d'autres authentiques. Certains savants ont réunit les erreurs et les altérations de al-Dabarî concernant al-Musannaf de 'Abd al-Razzâq dans un ouvrage (Mizân al-I'tidâl)

Par conséquent, la version en question s'avère munkar. Car al-Dabarî a ainsi conterdit ceux qui sont plus crédibles que lui.

Et il semble plausible qu'elle fasse partie de ses erreurs à savoir qu'il serait trompé dans le chiffre onze, tout en sachant qu'on lui attribue beaucoup d'erreurs.
(Voir Tahdhîb al-Tahdhîb, Mizân al-I'tidâl)

Donc, il s'agit d'une version munkar (le hadîth munkar ou réprouvé est ce qui a été rapporté par le faible divergent de ce que rapporte le sûr) et erronée qui ne peut servir comme arguement.

Par contre, la version authentique fut rapportée dans al-Muwatta' via une chaîne de transmission authentique selon Muhammad b.Yûsuf selon al-Sâ'ib b. Yazîd. Donc fait attention (Pour plus de renseignements : a) al-Kashf al-Sarîth'an Aghlât al-Sâbûnî fî Salat al-Tarâwîth de 'Alî Hasan 'Abd al-Hamîd (son impression est en cours). b) al-Mâsâith fî Salat al-Tarâwîh d'al-Suyûtî, édition de Dâr 'Ammar)

Wa Allahu A3alam

 Salam Alaykoum

« Dernière édition: Mars 20, 2010, 13:45:01 par Zahiya » Journalisée
petitemuslima69
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« Répondre #1 le: Septembre 13, 2008, 18:15:26 »
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 baraka ma Soeur Sajidine!!!!!

 Smiley

 Salam Alaykoum
« Dernière édition: Mars 20, 2010, 13:45:10 par Zahiya » Journalisée

O Allàh
Fais Du Qù'ran Lé printémps de mOn cOeur,
La lumieré De mà viié
MoN RécOnfOrt cOntré là Tristésse,
Et mà Consolation dans més Souciis
Sajida'Allâh
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« Répondre #2 le: Septembre 14, 2008, 10:22:31 »
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 bismillah

 Salam Alaykoum

Waafik Baarak Allah chère petite soeur petitemuslima69, j'espère que tu vas bien amine
J'aimerai juste rajouter ce Hadith sur la Prière du Tarawih et la raison du pourquoi certains disent que c'est innovation  Huh?


Durant le mois de ramadhan nous avons aussi le bienfait de faire la prière de tarawih.

Le Prophète  Salla-llah allahi wa salam avait prié trois nuits la prière de tarawih puis l’avait arrêtée de crainte qu’elle ne devienne obligatoire pour les musulmans et c’est Omar ibn al-khattab  Radhi Allah 'Anhou  qui a de nouveau ordonné de se rassembler pour prier derrière Oubayd  Radhi Allah 'Anhou .


Alors, Pourquoi certaines personnes disent que la prière du Tarawih est Innovation ?. Comme on vient de le voir ci-dessus, on nous apprend que Le Prophète  Salla-llah allahi wa salam a prié la prière du Tarawih trois fois, mais trois jours après il ne l'a pas prier pourquoi ? pour que les Musulmans ne rende pas cette prière Obligatoire après sa mort, c'est pourquoi il y eu a divergence à ce sujet, mais Omar ibn al-khattab  Radhi Allah 'Anhou n'a rien Innovée  Soubhan' Allah, il a juste reprit là où le Prophète  Salla-llah allahi wa salam avait arrêter, cette prière n'est pas Obligatoire donc celui qui veut la faire la fait et celui qui ne veut pas la faire ne la fait pas, mais il faut éviter de dire à tout bout de champs que ce si ou cela est innovation, afin d'éviter de semer le doute et la discorde dans la Oummah. Nous savons tous que lorsqu'il y a divergences d'opinions, chacun est libre de suivre qui il veut. Wa Allahu A3alam. Qu'Allah nous Préserve de la Fitna et nous Guide sur son droit chemin  amine

 Salam Alaykoum
 
« Dernière édition: Mars 20, 2010, 13:45:18 par Zahiya » Journalisée
ghazza
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« Répondre #3 le: Septembre 15, 2008, 03:27:25 »
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 bismillah   Salam Alaykoum
 baraka ma soeur sajidine pour cette explication
Citation de:  link=topic=5542.msg23374#msg23374 date=1221315523
Qâriy qui dit :[/color]
" Je suis allé à la mosquée avec 'Umar b. al-Khattâb (qu'Allâh l'agrée) pendant une nuit de Ramadan et les gens y étaient dispersés en petits groupes. Les uns priaient individuellement, les autres étaient suivis par un groupe. Puis 'Umar dit : "Je vois qu'il serait mieux de rassembler ceux-là derrière un seul récitateur. Puis, il a décidé de les rassembler derrière Ubay b. Ka'b. Ensuite, j'y suis allé avec lui alors que les gens priaient derrière leur récitateur. Et 'Umar a dit : "Quelle excellente innovation (le terme "innovation" employé par 'Umar est à comprendre ici au sens linguistique du terme. C'est-à-dire une chose qui n'a pas été faite ni durant le califat de Abû Bakr, ni au début du califat de 'Umar.

comme il est cité dans la parole de omar  Radhi Allah 'Anhou  Quelle excellente innovation 
la question qu on doit posé est ce qu il existe une bonne et mauvaise innovation ou bien toute innovation est un égarement ?

dans le site dictrine malikite et on remarquera que les autres écoles juridique acceptent le terme bonne innovation/voir la parole de l imam As-Shafi'i et d autres savants pieux qui appartient aux differentes écoles juridiques

L'innovation consiste en le fait de rajouter à la religion des éléments qui n'existaient pas du temps du Prophète  Salla-llah allahi wa salam.Beaucoup de musulmans croient à tord que toute nouvelle chose est forcément une innovation interdite et un égarement, même s'il s'agit de choses utiles pour la communauté ! Ils se basent pour dire cela sur le hadîth célèbre[1]:

« Faites attention aux choses nouvelles, car toute nouveauté est une innovation, et toute innovation est un égarement, et tout égarement mène à l'Enfer »[2]
[2] Rapporté par Abû Dâwûd

Notes:

[1] Il est important pour le croyant sincére quant il s'agit de comprendre (ou d'interpréter) un hadîth de maîtriser la « science du hadîth » ou de faire appel aux savants spécialistes.
A propos de ce hadîth, nous pouvons remarquer plusieurs choses :

Les savants ont dit que cette parole ne fait pas référence à l'ensemble des choses nouvelles sans restriction, mais seulement à celles dont la licéité, la validité, la permission n'est pas attestée par les textes sacrés (le Coran et la Sunna du Prophète  Salla-llah allahi wa salam . L'expression « toute innovation » n'est pas à prendre dans un sens absolu.
Il existe plusieurs exemples dans le Coran ou dans la Sunna où les commandements, les recommandations ou les interdictions doivent être complétées par d'autres textes qui réduisent leur portée ou expliquent la façon dont doit être compris le verset ou le hadîth.


Il existe plusieurs exemples dans le Coran ou dans la Sunna où les commandements, les recommandations ou les interdictions doivent être complétées par d'autres textes qui réduisent leur portée ou expliquent la façon dont doit être compris le verset ou le hadîth.

Par exemple dans la Sourate an-najm, il est écrit :

« L'Homme ne possédera que ce qu'il aura acquis par ses efforts. »[3]
[3] Sourate : 53, verset : 39.

Pourtant d'autres textes affirment que nous recevons des récompenses lorsque quelqu'un prie pour nous, lorsque les anges prient pour nous, durant la prière sur le mort qui est faite pour nous, lorsque l'on a laissé une œuvre de charité comme une mosquée ou une aumône après notre mort…

De la même manière, dans la Sourate al-anbiyâ, il est dit :

« Vous serez vraiment, vous et ce que vous adorez en dehors de Dieu, le combustible de l'Enfer. »[4]
[4] Sourate : 21, verset : 98.

L'expression « ce que vous adorez » ne peut pas être prise dans un sens général sinon on devrait considérer que Jésus  Salla-llah allahi wa salam sa mère (paix et salut sur elle) et les anges que les gens ont adorés en dehors de Dieu, iront tous en Enfer.

Et aussi dans le hadîth qui dit :

« Celui qui prie avant le lever du soleil et avant son coucher n'entrera pas en Enfer. »

Cela ne signifie pas que si on prie seulement la prière de Subh et la prière de ‘Asr nous sommes protégés de l'Enfer même si l'on néglige toutes les autres obligations.

En vérité, si nous voulons définir correctement ce qu'est une bida‘, il faut auparavant définir ce qu'est la sunna, puisque l'un ne va pas sans l'autre. On ne peut pas connaître l'un sans connaître la définition de l'autre.

Le mot « Sunna » signifie tradition, façon de faire, comme il est rapporté dans un hadîth tiré du sahîh muslim :

« Quiconque introduit dans l'Islam une pratique (sunna) louable en retirera une double récompense : la première pour l'avoir introduite, la seconde constituée par la somme des récompenses acquises par ceux qui l'auront imité(fait) après lui sans que cela ne diminue en rien leur propre récompense. Mais quiconque introduit dans l'Islam une pratique mauvaise se verra pénalisé d'une double faute : la première pour avoir introduit cette pratique et la seconde constituée par l'ensemble des fautes commises par ceux qui l'auront imité(fait) après lui sans que cela ne diminue en rien leurs propres fautes. »

يقول عليه الصلاة والسلام:
من سن في الإسلام سنة حسنة فله أجرها وأجر من عمل بها من بعده من غير أن ينقص من أجورهم شيء
ومن سنَّ في الإسلام سنَّة سيئة فعليه وزرها ووزر من عمل بها من بعده من غير أن ينقص من أوزارهم شيء
رواه أحمد ومسلم والترمذي



A travers cette parole prophétique, on se rend compte du sens véritable du mot « sunna », c'est la voie prophétique, ce que le Prophète (paix et salut sur lui) a dit, fait ou approuvé. Il ne faut confondre dans ce contexte là « sunna » avec le sens que prend ce mot en jurisprudence où il s'oppose à obligatoire. Dans le fiqh, un acte sunna est un acte fortement recommandé mais pas obligatoire.
Donc, pour juger si un acte est à rejeter ou pas, il faut donc se référer à la lumière de la sunna.
En lisant les recueils de hadîth, on se rend compte que beaucoup de Compagnons ont réalisé de nouveaux actes, de nouvelles prières de demande (du‘â), de nouveaux Dhikr etc. que le Prophète (paix et salut sur lui) n'avait jamais réalisé avant eux.

Les Compagnons ont réalisé ces actions en étant totalement convaincus qu'ils étaient bons pour l'Islam et les musulmans ; en référence au verset :

« …pratiquez le bien et peut-être réussirez-vous. »[5]
[5] Sourate : al-Hadjj 22, verset : 77.

Beaucoup de Compagnons ont réalisé un effort d'interprétation (ijtihâd), ils ont instauré de nouvelles pratiques en vérifiant qu'elles n'étaient pas en contradiction avec le Coran et la Sunna, et en rejetant tous les actes qui s'en écartaient. Tout ce que la Loi atteste comme bon est considéré comme bon et tout ce que les textes considèrent comme mauvais est une innovation mauvaise à rejeter.

Certains Savants ont utilisé le terme de « bida‘ hasana » (bonne innovation ou bonne coutume) pour désigner les nouvelles actions autorisées, mais en réalité il n'y a pas d'innovation louable, puisque ce n'est pas une innovation mais une interprétation et une compréhension de la sunna.


Par exemple, Al-Bukhârî et Muslim rapportent dans leur recueil qu'Abû Hurayra demanda à Bilâl en quel acte il avait le plus d'espoir (qu'il le mène au Paradis). Bilâl (que Dieu l'agrée) répondit qu'il n'existait pas un acte dont il avait le plus d'espoir qu'il le mène au Paradis que le fait qu'il avait l'habitude, après avoir fait ses ablutions aussi de jour comme de nuit, de faire autant de raka‘ qu'il pouvait.

Ibn Hajar al-Asqalânî, dans son Fath al Bârî, en déduit qu'il est permis par effort d'interprétation (ijtihâd) de choisir le moment d'accomplir les actes d'adoration surérogatoires.

De la même manière, Al-Bukhâri rapporte que Khubayb  Radhi Allah 'Anhou avait demandé de prier deux raka‘at (deux unités de prières) avant d'être exécuter par les idolâtres à la Mecque.

Ces deux exemples montrent que Bilâl et Khubayb ont utilisé leur propre effort d'interprétation sans que le Prophète en ait parlé auparavant.

Autre exemple rapporté par al-Bukhârî et Muslim :

Rifa‘a Ibn Râfi‘ a raconté qu'un jour, au cours d'une prière en commun avec le Prophète  Salla-llah allahi wa salam  comme Imâm, un Compagnon avait rajouté une invocation à haute voix après que le Prophète ait dit : sami‘a Allahu limane hamidahu.
Après la fin de la prière, le Prophète  Salla-llah allahi wa salam  a demandé qui avait dit cela et a dit que trente anges s'étaient disputés pour pouvoir être celui qui allait écrire cette invocation.

Ibn Hajar en déduit qu'il est permis d'utiliser de nouveaux dhikr au cours de la prière tant qu'ils ne contredisent pas ceux conseillés dans les hadîths.

Nous remarquons que ce récit fait référence à la prière qui est l'acte rituel le plus important en Islam.

Il existe aussi un récit qui parle de l'utilisation de la Fâtiha comme moyen de guérison :
Al-Bukhârî rapporte d'après Abû Sa‘îd al-Khudrî qu'un groupe de Compagnons étaient en train de camper dans le désert lorsqu'un homme vint les voir en leur disant que leur chef venait d'être piqué par un scorpion et qu'ils avaient tout essayé mais que rien ne marchait. Un des Compagnons  Radhi Allah 'Anhou récita la Fâtiha en échange d'un troupeau de moutons. Ils ne se partagèrent pas le troupeau avant d'avoir demandé l'avis du Prophète  Salla-llah allahi wa salam. A leur retour, Sayyiduna Muhammad  Salla-llah allahi wa salam  leur demanda comment il savait que la Fâtiha avait un pouvoir de guérison et il accepta le partage du troupeau.

Ce hadîth montre que les Compagnons n'avaient aucune connaissance préalable de la capacité de guérison de la Fâtiha mais ils ont utilisé leur effort d'interprétation (ijtihâd : effort juridique).

Il existe aussi beaucoup de récits concernant des invocations (du‘â) faites par des Compagnons qui ont été validées par le Prophète  Salla-llah allahi wa salam  ensuite.

Si maintenant nous retournons au hadîth du début :

« Faites attention aux choses nouvelles, car toute nouveauté est une innovation, et toute innovation est un égarement, et tout égarement mène à l'Enfer »

Il devient plus facile de comprendre le sens véritable de ce hadîth.

La seule raison pour laquelle la Loi Islamique est valide pour toutes les époques et tous les lieux et est la plus facile et la plus parfaite de toutes les Lois, c'est parce que cette Loi comprend des principes méthodologiques généraux et universels. Les Savants ont reçu la capacité de compréhension des textes, la connaissance des types d'analogies et de parallélismes et l'excellence qui caractérise cette Loi. Allons-nous considérer que chaque innovation apparue après le premier siècle de l'Islam est une innovation blâmable sans considérer si elle entraîne un bénéfice ou un préjudice ? Cela invaliderait une grande partie des bases fondamentales de la Loi Sacrée aussi bien que les règlements obtenus par raisonnement analogique, et cela limiterait et rétrécirait la vaste et étendue envergure de la Loi. [6]
[6]Voir: Adillatu Ahli as-sunna wa al-jamâ‘a.

Le Sheikh Izz ad-din Ibn ‘Abdel-Ssalâm (le sultan des Oulémas) considère que la classification en cinq statuts légaux[7] pour les actes en jurisprudence doit aussi être appliquée pour les innovations :


1.Les innovations obligatoires :

Rédaction du Coran pour ne pas l'oublier (qui s'est faite la première fois à l'époque du troisième Calife ‘Uthmân Ibn ‘Affân (que Dieu l'agrée) ), étude de la grammaire, de la lexicographie arabe, classification des hadîths selon leur degré de certitude(fiabilité), apprentissage des arguments contre les déviances et les sectes...

2.Les innovations interdites

Les doctrines malsaines et déviantes (comme les fatalistes,les antropomorphistes,les Jabriyya...), toutes les activités répréhensibles par la Loi. Il s'agit aussi de toute altération consciente, volontaire et non justifiée dans le culte: exemple : la secte égarée qui a choisi(décrété) de faire seulement deux prières au lieu des cinq obligatoires ! Ou celle qui a choisi(décrété) de ne plus jeûner le Ramadan ! ...

3.Les innovations recommandées

Construire des écoles religieuses, écriture de livres sur le droit musulman et la science islamique en général, récitation de wird, mawlid an-nabi.
Parmi les bonnes coutumes aussi (ou les innovations méritoires), la lecture du Coran en groupe et à haute voix. Dans certains pays comme le Maroc, cette coutume est toujours d'actualité dans les mosquées après la prière du Maghreb et après la prière deSubh. Cela permet la mémorisation du Coran et l'apprentissage des ses règles de lecture. Il en est de même pour la lecture du Coran sur les tombes surtout la lecture de la Sourate Yâsîn.

4.Les innovations blâmables

Construire de trop belles mosquées, apprendre des sciences qui n'ont aucun intérêt juste par jeu.

5.Les innovations permises

Utiliser des fourchettes et des cuillères(**), manger d'autres plats (licites) que ceux consommés par le Prophète (paix et salut sur lui), posséder des biens matériels modernes (voiture,portable, ordinateur..).
(**)Manger (ou boire) dans des plats ou des récipients d'or ou d'argent est illicite. Ainsi qu'utiliser des fourchettes et des cuillères d'or et d'agent…

Le Grand Muhaddith Marocain Sidi ‘Abdullah Ibn As-Siddîq a dit:

“Dans les « Qawâ‘id al-Kubra », ‘Izz ibn ‘Abdel-Ssalâm classifie les innovations (bida‘) selon leur bénéfice, leur nuisance ou leur neutralité dans cinq catégories de règles : l'obligatoire, la recommandée, l'interdite, la blâmable et la permise, en donnant des exemples pour chacune de ces catégories et en mentionnant les principes de la Loi Sacrée qui vérifient cette classification.

Ses paroles sur le sujet montre une réelle compréhension et un savoir aiguisé à la fois des principes de la jurisprudence et du jeu des avantages/désavantages humains pour lesquels le Législateur a établi les règles de la Loi Sacrée.

Parce que sa classification des innovations a été établie sur des bases solides en droit islamique et en principes de la Loi, elle a été approuvée par l'Imam An-nawawî, par Ibn Hajar al-Asqalani et par la grande majorité des savants, qui ont agréé ses paroles et ont considéré qu'il était obligatoire d'appliquer sa classification à tous les nouveaux événements et à toutes les éventualités qui apparaissent avec le changement d'époque et la transformation des gens.
Personne ne doit rejeter cette classification en utilisant comme argument le hadîth qui dit « toute innovation est un égarement », parce que la seule véritable innovation qui est un égarement complet est celle qui concerne les bases de la croyance (ou une modification (altération) volontaire et sans preuve dans les piliers de la religion), comme les innovations des Mu‘tazilites, des Qadarites, des Murjiites et d'autres, qui ont contredit les croyances des premiers musulmans. Des innovations pareilles sont répréhensibles parce qu'elles sont dangereuses et dénuées de tous bénéfices.
Pour les innovations en acte, c'est-à-dire l'apparition d'un acte de dévotion ou autres qui n'existait pas au début de l'Islam, il doit obligatoirement être jugé en utilisant les cinq catégories définies par ‘Izz ad-dîn Ibn ‘Abd As-salâm. Affirmer que telle ou telle innovation est néfaste sans qualification n'est pas acceptable. (…)[8]

L'imam As-Shafi'i affirme [9] : « Toute chose innovée qui contredit le Livre, la Sounna, le Consensus des savants ou le Athar [10] [unanime], est une innovation (égarée) et une errance. Par contre toute chose qui est innovée en matière de bien et qui ne les contredit en rien, est une innovation louable. »
Il estime également [11] : « Il existe deux types d'innovations : les innovations réprouvées et les innovations autorisées. Les innovations conformes à la Sounna sont autorisées, mais celles qui la contredisent sont réprouvées ». Il appuie ses propos en se basant sur la parole de Omar  Radhi Allah 'Anhou : « Quelle bonne innovation celle-ci ! »[12]. Il importe de noter, à ce sujet, que des avis similaires ont été rapportés par nombre de savants tels que Al Bayhaqî , Al-Nawawî , l'Imâm Al-Haytamî, Abou Bakr ibn Al 'Arabi, Al-Ghazâli, Ibn Hazm, Ibn al Jawzî, le Sultan des oulémas l'imam Al ‘Izz Ibn ‘Abd as-Salâm et Al Hâfiz ibn Hajar et bien d'autres.[13]
L'imam Al-Shawkâni, éminent savant de l'Islam, a conclu dans son livre Nayl al-Awtâr que la séparation des innovations en bonnes et mauvaises, est la position la plus authentique.

[8] « Itqân assan ‘a fî tahqîqi ma ‘anâ al bid ‘a » (les statuts légaux de l'innovation : de l'innovation blâmable à la bonne coutume) : auteur le grand savant ‘Abdallah As-seddîq Al-ghumârî : édition : Maktabatu Al-qâhira : année 2005.

[9] Rapporté de Harmala disciple de As-Shafi'i par Abû Nu'aym dans Hilyat Al-Awliyâ.

[10] Un Athar est une information traditionnelle, en l'occurrence, ce qui est rapporté des compagnons du Prophète ou de leurs successeurs.

[11] Rapporté d'Al-Rabi', autre disciple de As-Shafi'i par Al-Bayhaqî dans son livre Madkhal et Manâqib Al-Shafi'i avec une chaîne authentique comme l'écrit Ibn Taymiyya dans son livre Dar' Ta'ârud Al-'Aql wa An-Naql.

[12]La parole de Omar est rapportée par Al-Bukhâri dans son Sahîh et par l'imam Mâlik dans Al-Mouwattaa (Livre 6: des prières surérogatoires à Ramadan chapitre II Hadîth 252): c'était à l'occasion de l'instauration (centralisation) des prières des Tarâwîh dirigées par un Imâm dans les nuits de Ramadan.

[13] Il importe de noter que certains savants ont classé les bonnes et les mauvaises innovations suivant les cinq statuts juridiques connus comme on a vu. L'innovation est ainsi divisée en : celle qui est obligatoire (wajiba), interdite (mouharrama), recommandée (mandouba), déconseillée (makrouha) ou indifférente (autorisée) (moubaha). En revanche, on trouve plus de réticence au niveau de l'école hanbalite et surtout avec Ibn Taymiyya.

[7] Voir le chapitre VI: les statuts légaux en Islam
fin de citation
 Salam Alaykoum
« Dernière édition: Mars 20, 2010, 13:45:35 par Zahiya » Journalisée
   

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