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Auteur Fil de discussion: La fonction du Qâdî et son rôle (Ibn Khaldûn)  (Lu 526 fois)
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Um_Nour
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La hawla wala quwata illa bilah


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« le: Septembre 01, 2014, 07:35:43 »
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 Salam Alaykoum




La fonction du Qâdî et son rôle (Ibn Khaldûn)


Al Imâm 'Abd Ur Rahmân Ibn Khaldûn Al Hadramî (qu'Allâh lui fasse miséricorde) a dit :
 
« La fonction de Qâdî (juge) est une de celles qui dépendent du Calife. C'est une institution dont l'objet est de juger les conflits et de mettre fin aux querelles et aux dissensions. Elle doit appliquer les lois religieuses définies par le Qur°ân et la Sunnah. C'est donc un office rattaché au califat et qui dépend de lui.
 
Au début de l'Islâm, les Califes faisaient personnellement fonction de juge. Ils ne laissaient personne être juge en quelque matière que ce fût. Le premier Calife à se départir de cet usage fut 'Umar : il nomma Abu Ad Dardâ° juge de Médine, auprès de lui ; Shurayh juge de Bassora et Abû Mûsâ Al Ash'arî juge de Koufa.
 
Dans sa célèbre lettre de nomination adressée à Abû Mûsâ, il définit les devoirs du juge et leur donne leur base légale. Voici ce qu'il écrit :
 
 La fonction de juge est un devoir religieux précis et une tradition qu'il faut suivre. Écoute bien les dépositions qui sont faites devant toi, car il est inutile d'examiner une requête qui n'est pas valide. Tu dois traiter sur le même pied d'égalité ceux qui comparaissent à ton tribunal et devant ta conscience, de sorte que le puissant ne puisse compter sur ta partialité, ni le faible désespérer de ta justice. Le plaignant doit fournir la preuve et le défendeur doit prêter serment (al bayna 'alâ man ad'â wa-l-yâmîn 'alâ man ankarah). Le compromis est permis entre musulmans, mais non l'accord qui rendrait permis ce qui est défendu, ou défendu ce qui est permis. Si tu rends tel jugement hier et qu'aujourd'hui la réflexion t'ait fait changer justement d'avis, ton premier jugement ne doit pas t'empêcher de te rétracter : car la justice passe avant tout, et mieux vaut se rétracter que persévérer dans l'erreur. Réfléchis bien aux questions qui te troublent et auxquelles le Qur°ân ni la Sunnah ne répondent directement. Examine des cas analogues et évacue le problème par raisonnement analogique (qiyâs). Si le demandeur n'apporte aucune preuve, donne lui un délais. S'il s'exécute en temps voulu, tu peux recevoir sa plainte ; sinon, tu peux le débouter. C'est la meilleure façon de dissiper les doutes. Tous les musulmans peuvent témoigner les uns contre les autres, sauf ceux qui ont subi des peines prévues par la Sharî'ah, ceux qui ont été convaincus de faux témoignage et ceux qui sont l'objet de suspicion légitime, en raison de leur clientèle ou de leur parenté [avec une des parties]. Allâh pardonne quand des serments sont prononcés et remet [à plus tard] le châtiment quand la preuve est fournie. Ne cède pas à l'énervement, à la lassitude et à l'ennui devant les plaideurs. Allâh te récompensera d'avoir rendu la justice au tribunal et te donnera une bonne réputation pour cela. Et que La Paix soit sur toi.  Fin de la lettre de 'Umar.
 
Il entrait dans les attributions des Califes d'exercer personnellement les fonctions de juge. Pourtant, ils en ont chargé juges, parce qu'ils étaient trop occupés par la politique générale, la guerre sainte, les conquêtes, la défense des frontières et la protection de la capitale : toutes tâches trop importantes pour pouvoir être laissées aux autres. Ils trouvaient facile de trancher les litiges des gens et, par suite, se faisaient représenter comme juges, pour alléger un peu leur fardeau. Encore confiaient-ils toujours les fonctions de juge à leurs parents ou à leurs clients, qui avaient le même esprit de corps, et jamais à d'autres.
 
La réglementation du pouvoir judiciaire est connue par les ouvrages de jurisprudence  et surtout dans les traités d'administration. Au temps des Califes, les juges devaient simplement régler les différends qui leur étaient soumis. Peu à peu, par la suite, de plus en plus souvent, ils eurent des attributions nouvelles, à mesure qu'augmentait l'attention des Califes et des Sultans pour la « grande politique » (as siyâsat ul kubrâ). Finalement le juge se trouva chargé, outre des litiges entre particuliers, de questions intéressant les musulmans en général : administration des bien des fous, des orphelins, des insolvables et des prodigues ; contrôle des testaments, des fondations pieuses (al waqf) et du mariage des femmes nubiles sans représentant légal, selon certaines autorités ; inspection des travaux publics (routes et bâtiments), vérification de la compétence des témoins légaux, des procureurs et des substituts, par le procédé légal de l'approbation ('adâla) et de l'improbation (jarh). Tout cela a fini par faire partie des attributions du jufe.
 
Les premiers Califes avaient chargés les juges du redressement des torts. Dans ce cas, le pouvoir exécutif vient à l'appui du judiciaire. Il faut une main ferme et beaucoup d'autorité pour soumettre la partie coupable et arrêter l'agresseur. En un sens, c'est le moyen de faire ce qui échappe aux autres juges. Il s'agit d'examiner les preuves, d'administrer des peines qui ne sont pas prévues par la Sharî'ah, d'utiliser les indices et les circonstances, de retarder le jugement jusqu'à clarification de la situation légale, de s'efforcer de réconcilier les deux parties et de faire prêter serment aux témoins. Il y a là un champ d'attributions plus étendues que celles d'un juge ordinaire.
 
Les premiers Califes furent aussi, personnellement, des juges, jusqu'au règne de Al Muhtadî le 'Abbâside. Mais ils déléguaient souvent leurs pouvoirs. Par exemple, 'Alî se fit remplacer par Abû Idrîs Al Khawlânî, Al Ma°mûn par Yahyâ Ibn Aktham, et Al Mu'tasim par Ibn Abî Du'âd. Les Califes chargeaient souvent leurs juges de diriger la guerre sainte, pendant les campagnes d'été. Tel fut le cas pour Yahyâ Ibn Aktham contre les Byzantins, au temps de Al Ma°mûn ; ou encore de Mundhir Ibn Sa'îd qui était le Qâdî de 'Abd Ur Rahmân An Nâsir, le Umayyade Andalous. Les nominations à des fonctions de ce genre incombaient aux Califes ou à leurs délégués : ministre plénipotentiaire ou chef temporel. »
 
Al Muqaddimah de l'Imâm 'Abd Ur Rahmân Ibn Khaldûn Al Hadramî (qu'Allâh lui fasse miséricorde)





 Salam Alaykoum wa Rahmatoulahi wa Barakatouh
« Dernière édition: Septembre 01, 2014, 07:42:59 par Um_Nour » Journalisée

Rabbanâ âtinâ fi d-dunyâ hassanatan w-wa fî-l-âkhirati hasanatan w-waqinâ 'adhâba n-nâr
   

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