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Auteur Fil de discussion: Empathie ou le pouvoir de définir notre essentialité  (Lu 534 fois)
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Um_Nour
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La hawla wala quwata illa bilah


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« le: Août 03, 2014, 16:39:06 »
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 Salam Alaykoum




Etre empathique c’est avoir la capacité d’identifier et de comprendre la situation, les sentiments, l’attitude et la motivation d’une autre personne. Certaines personnes sont naturellement empathiques ; d’autres, pour le devenir, doivent travailler pour développer cette caractéristique. L’empathie est un aspect important de l’intelligence émotionnelle et est essentielle pour établir des relations saines et équilibrées. Comprendre la réalité émotionnelle et prendre soin d’une autre personne est la base de l’établissement de la bienveillance, de la bonté. C’est aussi la base pour inspirer et influencer les autres, et pour développer l’intention de venir en aide à son prochain chaque fois que l’opportunité se présente. L’empathie est essentielle dans la relation parent-enfant et dans la relation d’époux à époux.

Ceux qui font preuve d’empathie de manière importante sont en général des gens qui ont une conscience élevée de leur propre réalité émotionnelle et ont le désir de connaitre les émotions des autres. De cette manière, on peut influencer et être influencé, inspirer et être inspiré, prendre soin et être pris en charge.

Pour être empathique, une personne doit voir, écouter, ressentir et agir de manière empathique. Le passage suivant, issu de l’un des discours de Hasan al-Banna, illustre parfaitement nos propos, considérons-le avec une grande attention :

« Je crois sincèrement que les meilleures âmes sont celles qui trouvent leur bonheur en rendant les autres heureux. Ce type d’âme nourrit sa joie en créant la joie chez les autres et en les protégeant contre toute chose pouvant leur nuire. Ce type d’âme est capable de pénétrer au plus profond des cœurs pour y sentir la peine et contribuer à la dissiper, de comprendre ce qui dans la société fait obstacle à l’épanouissement de ses membres. Cette âme ne ressent rien d’autre que de la compassion pour les fils d’Adam, elle est animée d’une sincère et pure envie de faire tout ce qui lui est possible pour soigner leurs maux et les rendre heureux. Je crois qu’il n’y a pas meilleur moment sur terre que celui où l’on sort une créature des abîmes de sa misère et qu’on la mène sur le chemin de la joie et de l’élévation. »

Il voit son « bonheur en rendant les autres heureux. »
Il écoute les autres et « est capable de pénétrer au plus profond des cœurs pour y sentir la peine et contribuer à la dissiper, de comprendre ce qui dans la société fait obstacle à l’épanouissement de ses membres. »
Il ne ressent « rien d’autre que de la compassion pour les fils d’Adam, est animée d’une sincère et pure envie de faire tout ce qui lui est possible pour soigner leurs maux et les rendre heureux. »
Il agit de manière à nourrir « sa joie en créant la joie chez les autres et en les protégeant contre toute chose pouvant leur nuire. » Les conséquences de ses actes sont le fait de sortir une créature des abîmes de sa misère et de la mener sur le chemin de la joie et de l’élévation. »

Ceci correspond aux enseignements de l’Islam. Le Prophète Mohammed () a dit : « Le plus haut niveau de l’intellect après la foi est d’être au service des créatures. »

Il est dit dans le Noble Coran (sens des versets) : « Et qui te dira ce qu'est la voie difficile ? C'est délier un joug [affranchir un esclave], ou nourrir, en un jour de famine, un orphelin proche parent ou un pauvre dans le dénouement. Et c'est être, en outre, de ceux qui croient et s'enjoignent mutuellement l'endurance, et s'enjoignent mutuellement la miséricorde. » (Coran 90/12-17).

Dans le verset « C'est délier un joug [affranchir un esclave] » en arabe cela signifie littéralement « affranchir une personne », autrement dit, libérer un être humain de toute sorte d’esclavage. Par extension, l’esclavage est tout type d’emprisonnement ; une personne peut être emprisonnée par ses désirs, par l'addiction à une drogue, prisonnière de sa misère économique, de ses automatismes, de son ignorance, etc. Libérer une personne peut être comme cité dans le passage plus haut, la sortir de la misère, la protéger contre tout mal, contribuer à son bonheur et son épanouissement, l’aider à se soigner d’une maladie. Tous ces actes permettent à nos âmes de se nourrir de bonheur.

Identifier et comprendre la situation d’une autre personne, ses sentiments, son comportement ou ses motivations se fait par l’écoute. L’empathie, la sincérité sont les qualités nécessaires à une écoute motivée par l’envie d’aider. Lorsque nous écoutons attentivement en essayant de bien comprendre tout ce qui nous est dit nous pouvons voir les solutions. Cette forme d’écoute n’est pas une forme passive, bien au contraire c’est une écoute très active qui demande une énorme attention, une capacité à synthétiser les informations. Il est important parfois de faire des pauses pour résumer la situation et s’assurer que l’information a été parfaitement comprise. A la fin de la conversation, celui qui parlait ressent que celui qui écoutait a parfaitement compris ce qui lui a été dit. Celui qui écoute ne fait pas fonctionner uniquement ses oreilles, il essaye de comprendre l’autre à travers son langage. Tout comme on dit « lire entre les lignes », cette écoute est une « écoute entre les mots », sentir les émotions, prêter attention au langage corporel, détecter les besoins et les buts, identifier les goûts et préférences, percevoir les croyances et les valeurs, etc.

Ce type d’écoute à différentes conséquences et implications :
- elle encourage celui qui parle et lui donne le sentiment que celui qui écoute a de bonnes intentions,
- elle est caractérisée par une attitude qui montre que vous avez confiance en celui qui parle,
- elle est comme si rien n’était plus important que ce qui est dit,
- elle montre d’une manière profonde que vous vous souciez de ce qui est dit, du sujet ou du besoin exprimé, d’un problème, ou d’un point de vue,
- elle démontre le désir de rentrer dans le monde de celui qui s’exprime, d’expérimenter son point de vue,
- elle permet de se laisser influencer.
Écouter de cette manière est une miséricorde car elle facilite réellement la compréhension du point de vue de celui qui parle pour ainsi permettre une meilleure approche de la situation en vue de régler les difficultés.

Ecouter une autre personne en étant concentré sur ce qu’elle dit plutôt que d’être concentré sur sa propre personne est une forme d’amour et de compassion pour l’autre, une forme d’amour en Allah. 'Umar ibn al-Khattâb, puisse Allah l’agréer, a rapporté que le Prophète () a dit : « Parmi les serviteurs d’Allah il y a des créatures qui ne sont ni des prophètes ni des martyrs mais dont la place dans l’au-delà sera enviée par ces derniers. » Ceux qui étaient en sa présence lui demandèrent : « Ô Messager d’Allah, dis nous qui ils sont. » Il () répondit : « Ce sont ceux qui s'aiment en Allah, se réunissent et se rendent visite à cause de Lui, sans qu’aucun lien de parenté n'existe entre eux, ni aucun intérêt matériel. Par Allah, leur visage n’est que lumière et ils sont assis sur des tribunes de lumière ; ils sont exemptés de la peur et du chagrin qui frappent les gens. » Puis il récita le verset suivant : « Les protégés d’Allah n’auront aucune crainte ni aucune affliction. » (Abou Dawoud).

Toujours dans le même ordre d’idée le Prophète () a dit : « Vous ne serez pas véritablement croyants tant que vous n’aimerez pas pour vos frères ce que vous aimez pour vous-mêmes. » (Boukhari et Mouslim).
Ceci n’est rien d’autre que de l’empathie, ce sentiment provient du cœur et est nourrit par de la gentillesse, de la miséricorde et de la compassion. On rapporte qu’un jour un bédouin vint au Prophète () et lui demanda : «Combien de fois par jour dois-je pardonner à mon serviteur ? » Le Prophète lui répondit : « soixante-dix fois. » »
Le Prophète () a aussi dit : «Celui qui est dépourvu de rifq (douceur, gentillesse ou compassion) est dépourvu de toutes vertus. »
Et aussi : « La douceur rend les choses belles, son absence les rend défectueuses. »

Un exemple parfait du hadith « Vous ne serez pas véritablement croyants, tant que vous n’aimerez pas pour vos frères ce que vous aimez pour vous-mêmes. », et par extension de la douceur, de la gentillesse, de la compassion, du fait d’être au service des autres, d’une compréhension complète et profonde la situation des autres se trouve dans l’histoire suivante :

Selon Zayd ibn Aslam qui le tient de son père : "'Umar avait l'habitude d'aller seul en patrouille pendant la nuit (alors qu'il était calife) ; mais si quelqu'un voulait l'accompagner, il ne l'en empêchait pas. Une nuit, raconta Aslam, je lui demandai la permission de l'accompagner. Il consentit, et je marchai avec lui toute la nuit. Vers minuit, nous sortîmes de la ville et nous vîmes un feu de camp. 'Umar me dit : "Aslam, quelqu'un a fait halte à cet endroit, allons voir de qui il s’agit". Nous nous approchâmes du feu et nous aperçûmes une femme en compagnie de deux ou trois petits enfants qui pleuraient. La femme était occupée à faire du feu sous un pot, et disait aux enfants : "Ne pleurez pas ; dormez jusqu'à ce que la nourriture soit prête, alors vous en mangerez. Que Dieu nous rende justice de 'Umar, qui, lui, dort rassasié, alors que moi et mes enfants, nous souffrons de la faim !".
En entendant ces paroles, 'Umar eut les larmes aux yeux. Il salua la femme, qui lui rendit son salut. Puis il lui demanda s'il lui était permis d'approcher. "Si vous venez avec de bonnes intentions, répondit-elle, approchez". Alors 'Umar lui demanda ce qui lui était arrivé. La femme raconta : "Je suis partie de mon pays avec mes enfants pour me rendre à Médine. J'ai été obligée de m'arrêter ici, par la fatigue et la faim, et maintenant la faim nous empêche de dormir, moi et mes enfants".
"Mais, dit 'Umar, pourquoi invoques-tu Allah contre 'Umar ?" Elle répondit : "Il a envoyé mon mari à la guerre, où il a été tué et je suis restée dans la misère avec mes enfants !" 'Umar lui demanda ce qu'il y avait dans le pot. "Rien que de l'eau, mais j'ai allumé le feu pour apaiser mes petits afin qu'ils parviennent à dormir jusqu'au matin." Aussitôt 'Umar s'éloigna, raconta Aslam, en me demandant de le suivre. Nous courûmes vers la ville et allâmes à la boutique d'un marchand de farine. Mais le marchand ne s'y trouvait pas. Nous allâmes à sa maison, et 'Umar le réveilla, le fit sortir de sa maison et acheta un sac de farine. Nous allâmes ensuite chez le boucher et 'Umar demanda de la viande. "Je n'en ai pas, Prince des croyants, dit le boucher, mais j'ai de la graisse". 'Umar acheta une bourse de graisse. Des membres de la famille du boucher lui dirent : "O ! Prince des croyants ! Laisse nous t’aider à porter ce sac ". "Non ! répondit-il, j'ai quelqu'un avec moi". Aslam continua son récit : « je ne doutais point qu'il allait me demander de porter la charge. Mais lorsque les gens furent partis, il prit le sac de farine sur ses épaules et me demanda de placer la bourse de graisse par-dessus. Je dis : "Prince des croyants, laisse-moi porter cela !" Mais il répliqua : "Aslam, si tu prends cette charge, qui portera la charge de mes péchés ? Et qui prendra sur lui l'effet de la prière de cette femme ?" Et 'Umar pleura si fort, que je craignis de le voir défaillir. Puis nous courûmes en toute vitesse vers la femme, et 'Umar déposa sa charge. La femme dit : "Que Dieu te récompense ! Tu es plus digne d'être le gardien des pauvres que 'Umar". 'Umar, de sa main, prit un peu de graisse et la mit dans le pot. Il engagea la femme à préparer la pâte, puis il me dit d'aller chercher du bois. Lorsque je rapportai le bois que j'avais recueilli, voilà que, par Dieu Tout-Puissant, je vis 'Umar, la barbe par terre, soufflant sur le feu, sous le pot. La femme plongea dans l'eau, par petits morceaux, la pâte qu'elle avait préparée dans une assiette, et lorsqu'elle fut cuite avec l'eau et la graisse, 'Umar la mit dans l'assiette, fit asseoir la femme et les enfants et leur dit : "Maintenant, toi et tes enfants, mangez et rassasiez-vous. Rends grâce à Allah, et prie pour 'Umar, qui n'était pas au courant de votre situation". Ensuite il rentra en ville." (al-Tabarî).

Pour cultiver ou augmenter votre empathie, les étapes suivantes peuvent vous être utiles :

Faites des invocations tous les jours, demandez à Allah qu’Il vous facilite le fait de comprendre les autres, qu’Il fasse que vous soyez tolérants et miséricordieux, que vous soyez enclin à la coopération et qu’Il vous donne des opportunités pour aider les autres. Ceci est une pratique qui avec le temps deviendra de plus en plus facile et naturelle, une voie simple vers l’empathie.

Pendant la journée, à diverses reprises concentrez-vous sur les émotions ressentis par votre cœur, laissez vos pensées de côté. Couper ce dialogue interne incessant et faites de cet organe qui se situe au sein de votre poitrine le centre de commandement de l’intelligence et de l’affection. Par exemple portez votre attention sur les sentiments d’affection ou d’amour profond que vous avez envers quelqu'un. Vivez pleinement ces sentiments et prenez conscience des changements qui interviennent alors dans votre corps, les muscles se détendent, la respiration devient calme, des sensations de chaleur et de bonheur vous envahissent. Sentez la paix et le calme qui accompagnent ce déplacement de votre attention vers le cœur. Plus vous pratiquerez ce genre d’exercices, plus vous maitriserez ce sentiment et serez capable d’y revenir au moment voulu.
Dans vos pensées et vos actions mettez l’accent sur les points communs que vous avez avec les autres. Rappelez-vous que nous sommes tous à la recherche de la même chose, l’amour, la sécurité, la reconnaissance et le bonheur. Nous voulons tous voir notre souffrance, notre tristesse et notre solitude disparaitre. Rappelez-vous-en quand vous rencontrerez une occasion d’être empathique et surtout dans les moments où vous vous sentez enclin à l'impatience, l'intolérance, l’indifférence ou l'insensibilité.

Faites en sorte de trouver au moins une occasion par jour d’accomplir un acte prévenant envers un tiers, un acte qui soulage d’une difficulté. Ce peut être un acte simple comme un acte très important, cela n’a pas d’importance. Ce qui est important est l’intention, faites attention à ce que votre geste de bienfaisance soit sincère, provienne du cœur et soit fait dans le but de satisfaire Allah.
Passez quelques minutes chaque nuit pour faire le bilan de votre journée. Voyez-vous les attributs de l’empathie dans vos interactions quotidiennes ? Trouvez-vous des situations où il vous semble que vous auriez pu agir de meilleure manière ? Dans les phases où vous avez fait preuve d’empathie, avez-vous appris quelque chose de nouveau sur vous-même ou sur une autre personne ? Pour finir ce travail introspectif faites des invocations et n’oubliez pas de remercier Allah, le Tout Puissant, pour tout ce que vous avez pu accomplir de bonnes actions et tout ce que vous avez pu apprendre.
Pour boucler la boucle, il est bénéfique de répéter les principes énoncés, le fait de répéter nous permet d’enraciner les informations qui inchallah atteindront nos cœurs : Etre empathique c’est avoir la capacité d’identifier et de comprendre la situation, les sentiments, l’attitude et la motivation d’une autre personne. L’empathie est un aspect important de l’intelligence émotionnelle et est essentielle pour établir de saines et satisfaisantes relations. Comprendre et être à même de pouvoir aider un tiers dans son quotidien est la matérialisation fondamentale du désir de promouvoir les sentiments comme la compassion, la volonté d’être un exemple bénéfique pour les autres, de leur apporter de l’aide dès que cela est possible.

« Cette âme ne ressent rien d’autre que de la compassion pour tous les fils d’Adam, elle est animée d’une sincère et pure envie de faire tout ce qui est possible de faire pour soigner leurs maux et les rendre heureux. » Imam Hasan al-Banna.


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