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Auteur Fil de discussion: L'égalité entre l'homme et la femme en Islam!!  (Lu 14073 fois)
0 Membres et 1 Invité sur ce fil de discussion.
fathéma
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« le: Septembre 25, 2010, 12:08:05 »
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bismillah

 Salam Alaykoum wa Rahmatoulahi wa Barakatouh


L'égalité entre l'homme et la femme dans l'Islam

Allah, l’Exalté, dit :

"Ô hommes! Craignez votre Seigneur qui vous a créés d'un seul être, et a créé de celui-ci son épouse, et qui de ces deux-là a fait répandre (sur la terre) beaucoup d'hommes et de femmes. Craignez Allah au nom duquel vous vous implorez les uns les autres, et craignez de rompre les liens du sang. Certes Allah vous observe parfaitement." (4:1)
Le "seul être" et "son épouse" font référence à Adam et Eve respectivement et le fait qu’Eve est issue d’Adam ne veut pas dire qu’ils sont deux entités homologues, mais ils peuvent avoir des caractères différents voire opposés. Allah, Gloire à Lui, dit :


"Et de toute chose Nous avons créé deux éléments du couple. Peut-être vous rappellerez-vous?" (51:49).
L’exégète Al-Khazen explique ce Verset en disant : "deux éléments différents du couple comme le ciel et la terre, le soleil et la lune, la nuit et le jour, la terre et la mer, la plaine et la montagne, l’été et l’hiver, le djinn et l’homme, le mâle et la femelle, la lumière et l’obscurité, la croyance et la mécréance, la joie et la tristesse, la vérité et le mensonge, la douceur et l’amertume. Peut-être vous rappellerez-vous que le Créateur de deux éléments du couple est Unique et n’a aucun associé.". De plus, Allah, l’Exalté, déclare clairement dans le Coran que l’homme est différent de la femme :

"Puis, lorsqu'elle (la femme d’Imran) en eut accouché, elle dit : "Seigneur, voilà que j'ai accouché d'une fille"; or Allah savait mieux ce dont elle avait accouché! Le garçon n'est pas comme la fille. "Je l'ai nommée Marie, et je la place, ainsi que sa descendance, sous Ta protection contre le Diable, le banni"" (3:36).
La Jurisprudence islamique met ainsi en place des règles qui tiennent compte des changements physiologiques et psychologiques caractérisant chaque sexe. Ces règles concernent tous les aspects de la vie. Au niveau cultuel par exemple, la femme musulmane est dispensée pendant les menstrues de faire les cinq prières quotidiennes. Au niveau familial, la femme musulmane est dispensée, en présence du père compétent, de la responsabilité d'aller chercher un travail pour subvenir aux besoins de ses enfants.Allah, Gloire à Lui, dit:


"Les hommes sont Qawwamounes sur les femmes, en raison des faveurs qu'Allah accorde aux uns sur les autres, et aussi à cause des dépenses qu'ils font de leurs bien. Les femmes vertueuses sont obéissantes (à Allah puis à leurs maris), et protègent ce qui doit être protégé, pendant l'absence de leurs époux, avec la protection d'Allah..." (4:34).
L'homme et la femme partagent des devoirs et des responsabilités et font face aux conséquences de leurs décisions, mais il incombe à l'homme seul le devoir de loger, nourrir et entretenir sa famille. C'est le sens du mot Qawwamounes évoqué dans le verset coranique suivant : "Les hommes sont Qawwamounes sur les femmes... " (4:34). Ce verset est souvent mal traduit par "Les hommes ont autorité sur les femmes...". En fait, le terme Qawwamounes est l'adjectif en pluriel du nom Qiwamah qui est le fait d'être absolument responsable de la subsistance et de la protection d'une personne. Allah, l'Exalté, dit: "Et les mères, qui veulent donner un allaitement complet, allaiteront leurs bébés deux ans complets. Au père de l'enfant de les nourrir et vêtir de manière convenable. Nul ne doit supporter plus que ses moyens." (2:233). Soulignons l'expression "Au père" qui marque bien l'obligation et le devoir.


Allah, l'Exalté, explique la raison pour laquelle Il attribue la Qiwamah aux hommes : " en raison des faveurs qu'Allah accorde aux uns sur les autres, et aussi à cause des dépenses qu'ils font de leurs bien " (4:34). Cette citation est parfois mal interprétée par " parce qu'Allah préfère les hommes aux femmes " qui exprime la supériorité des hommes sur les femmes; or ; le Coran indique clairement que la seule base de supériorité est la piété et non le genre, la race, la couleur ou la richesse : " Le plus noble d'entre vous, auprès d'Allah, est le plus pieux " (49:13).

La Qiwamah est imposée à l'homme à cause de sa nature physique et morale apte à remplir les obligations de la vie familiale. C'est cette nature qu'Allah a créée chez l'homme qui est désignée par le terme " faveurs ". Pareillement, comme il existe des faveurs spécifiques pour l'homme, il existe des faveurs qu'Allah a accordés spécifiquement pour la femme comme la grossesse, l'accouchement, l'allaitement,...etc.

Par conséquent, la Qiwamah ne donne pas la supériorité à l'homme et n'abolit pas l'égalité entre l'homme et la femme. Elle procure à l'homme une certaine autorité qui relève de la compétence plutôt que du pouvoir. Ainsi, quand l'homme ne peut plus assumer ses responsabilités envers sa famille, il perd le droit de la Qiwamah et dans ce cas, la femme a le droit de demander le divorce. Les imams Chafi'i et Malek sont allés encore plus loin en décrétant la rupture du contrat du mariage en cas d'incapacité de l'homme de subvenir aux besoins primordiaux de sa femme. Si la Qiwamah rendait l'homme supérieur à la femme, la perte de la Qiwamah aurait dû le mettre à niveau égal à celui de la femme, mais ce n'est pas le cas ici parce que la femme n'aura plus des obligations à remplir envers son mari.

La Qiwamah est donc le droit de la femme sur son mari; elle soumet l'homme et libère la femme. C'est ainsi qu'Allah, gloire à lui, dit : " Quant à elles, elles ont des droits équivalents à leurs obligations, conformément à la bienséance. " (2:228) Et afin de responsabiliser l'homme et insister sur l'importance de la Qiwamah qui lui incombe, Allah, l'Exalté, ajouta, " et les hommes ont une prédominance sur elles " (2:228) : c'est la prédominance conférée par la fonction de l'homme qui n'est autre que la Qiwamah. D'après Uqba ibn Amir (qu'Allah soit satisfait de lui), le Messager d'Allah (bénédiction et paix sur lui) a dit: "Le contrat qu'il faut respecter le plus est celui du mariage" (rapporté par l’Imam Muslim).

De même, Ibn Omar (qu'Allah soit satisfait de lui), le Messager d'Allah (bénédiction et paix sur lui) a dit: "Chacun de vous est comme le berger qui est responsable de son troupeau. L'émir est comme le berger et il lui sera demandé compte de ses sujets; l'homme est comme le berger et il est responsable de sa famille; quant à la femme, elle a la garde de ses enfants et de la demeure de son mari et elle en est responsable; le serviteur est également responsable de la fortune de son maître et on lui-en demandera compte. Chacun de vous est donc responsable et on lui demandera compte de sa responsabilité". (rapporté par l’Imam Muslim)

Enfin, l'égalité entre l'homme et la femme est garantie par la Qiwamah. Elle ne veut pas dire qu'ils doivent partager les mêmes fonctions, les mêmes devoirs et les mêmes vêtements. Elle veut dire qu'ils ont tous les deux des droits équivalents à leurs obligations. Allah, l'Exalté, dit :

"Quiconque fait une mauvaise action ne sera rétribué que par son pareil; et quiconque, mâle ou femelle, fait une bonne action tout en étant croyant, alors ceux-là entreront au Paradis pour y recevoir leur subsistance sans compter." (40:40)
"Les croyants et les croyantes sont alliés les uns des autres. Ils commandent le convenable, interdisent le blâmable accomplissent la Salât, acquittent la Zakat et obéissent à Allah et à Son messager. Voilà ceux auxquels Allah fera miséricorde, car Allah est Puissant et Sage. Aux croyants et aux croyantes, Allah a promis des Jardins sous lesquels coulent les ruisseaux, pour qu'ils y demeurent éternellement, et des demeures excellentes, aux jardins d'Eden [du séjour permanent]. Et la satisfaction d'Allah est plus grande encore, et c'est là l'énorme succès." (9:71-72).

"Les Musulmans et Musulmanes, croyants et croyantes, obéissants et obéissantes, loyaux et loyales, endurants et endurantes, craignants et craignantes, donneurs et donneuses d'aumônes, jeûnants et jeûnantes, gardiens de leur chasteté et gardiennes, invocateurs souvent d'Allah et invocatrices : Allah a préparé pour eux un pardon et une énorme récompense." (33:35)

Coran et Sunna.


 Salam Alaykoum wa Rahmatoulahi wa Barakatouh
« Dernière édition: Novembre 26, 2012, 08:44:42 par Um♥Rayhane » Journalisée
rym
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« Répondre #1 le: Octobre 05, 2010, 16:14:06 »
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 bismillah  Salam Alaykoum
 baraka  MachAllah
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fathéma
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« Répondre #2 le: Octobre 05, 2010, 16:15:20 »
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 bismillah

Wa fiki barak Allah SWT ma soeur  El Hamdoulilah

 Salam Alaykoum wa Rahmatoulahi wa Barakatouh
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mousliha
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« Répondre #3 le: Octobre 05, 2010, 20:38:23 »
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 Salam Alaykoum

 baraka ma chère tata pour se merveilleux partage  MachAllah

 El Hamdoulilah


 Salam Alaykoum
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khalid-yasin
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« Répondre #4 le: Octobre 05, 2010, 21:26:40 »
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                                                                      bismillah.
                          Salam Alaykoum.

Que serait l'homme sans la femme ! ou plutot que ferait t-il sans la femme ?
Gloire à L'éternel  allah Razza wa jal
Quand Adam (paix a son Ame) était au Paradis,  allah savait bien que aussi vaste pouvait
étre le paradis, il lui fallait une compagne.
Vous connaissez la suite !
 baraka ma chère tata  angel

                                           Salam Alaykoum wa Rahmatoulahi wa Barakatouh.
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fathéma
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« Répondre #5 le: Octobre 06, 2010, 04:57:16 »
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 bismillah

Wa fik barak Allah mon chère frère khalid Wink El Hamdoulilah

et tu as tout à fais raison MachAllah

 Salam Alaykoum wa Rahmatoulahi wa Barakatouh
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safa-marwa
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« Répondre #6 le: Octobre 17, 2010, 22:09:20 »
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 Salam Alaykoum

proverbes arabe:

«La femme qui s’entend avec son mari fait tourner la lune entre ses doigts.»
«Si l'homme était un fleuve, la femme en serait le pont.»
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fathéma
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« Répondre #7 le: Octobre 18, 2010, 07:29:54 »
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 bismillah

MachAllah  baraka ma chère soeur safa pour ce partage

et heureuse de te revoir parmi nous Wink Kiss Kiss  El Hamdoulilah

 Salam Alaykoum wa Rahmatoulahi wa Barakatouh
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Abdellah
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« Répondre #8 le: Mars 18, 2012, 23:13:32 »
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Salam Alaykoum

Mes chers frères et soeurs que Dieu vous benisse

Voici un article du frère Al Ajami pour relancer le sujet  InchAllah

l’égalité des hommes & des femmes
 
Le sujet est d’importance car maintes disparités de droits et de traitements des femmes en islam en découlent ; nous avions de ce fait initié notre ouvrage « Que dit vraiment le Coran » par ce point précis car bien des démonstrations  reposent sur cette nécessaire clarification. La problématique est coraniquement envisagée selon plusieurs angles essentiels, hiérarchisés et complémentaires :
 
1- Communauté intrinsèque :

“ Ô
 Hommes ! Craignez votre Seigneur Lui qui vous a créé d’une âme unique dont il créa sa moitié. Il suscita d’eux nombre d’hommes et femmes… Respectez ce lien utérin...” S4.V1.
 
“ Il est Celui qui vous a produits d’une âme unique…”S6.V98.

 
Les versets de ce type sont fort nombreux et ils sont explicites. Il y est bien dit que d’une seule âme ont été produits l’homme aussi bien que la femme et non pas que la femme aurait été
 produite à partir de l’homme. [1]
 Le Coran ne disqualifie pas la femme en faisant d’elle un sous-produit de l’homme, elle n’est pas sa côte, un os ! [2]
 La communauté d’origine exposée par le Coran – nafs wâhida ou âme unique – est une preuve forte de l’égalité intrinsèque de l’homme et de la femme.
 
2- Communauté de sens et de valeur :
 
La création de l’homme comme de la femme s’inscrit en une économie divine déterminée, à cette fin l’un comme l’autre se distingue du reste de la Création et, ce, de la même manière. Ainsi,
 le Coran n’attribue pas uniquement à la seule « Eve » le “péché originel” mais, outre qu’il ne s’agit pas d’un péché originel, il mentionne sans ambiguïté que tous deux transgressèrent l’interdit originel symbolisé par l’arbre interdit du Paradis [3],tous deux exercèrent par là leur raison raisonnante et déterminante :
 
“... Puis, lorsque tous deux eurent goûté de l’arbre […] Leur Seigneur les interpella :Ne vous avais-je pas à tous deux interdit cet arbre [...] Tous deux dirent : Nous avons été injustes envers nous-mêmes et, si Tu ne nous pardonnes pas et ne nous fais pas miséricorde, nous serons très certainement perdants.” S7.V22-23.
 
Logiquement, et équitablement,l’homme et la femme sont conséquemment égaux en faiblesse comme ils le sont en grandeur. Aucun n’est plus disposé que l’autre à la faute ou à la tentation :
 
“ Qui agit mal sera rétribué en fonction, et qui agit vertueusement, homme ou femme, en étant croyant, entrera au Paradis... ” S40.V40.
 
3- Communauté de foi :
 
L’égalité intrinsèque devant Dieu implique alors nécessairement l’égalité dans la foi entre les hommes et les femmes. Il y aurait-il au demeurant une entité « foi »spécifique aux uns et point aux autres !
 
“ Et quiconque agit vertueusement, homme ou femme, en étant croyant, entrera au Paradis… ” S4.V124.
 
Ce verset indique les rapports entre la foi, les actes positifs, et la satisfaction divine. Si le Coran s’impose à préciser que cela est aussi vrai pour les femmes que pour les hommes, cela provient du fait des inégalités déjà en place en les divers systèmes religieux existants. Qu’il s’agisse des religions dites du Livre ou des pratiques discriminatives polythéistes d’Arabie où les femmes n’étaient qu’une sous-catégorie en matière de foi. L’égalité en la foi des hommes et des femmes est donc un rappel nécessaire mais non point un fait à démontrer. Ce qui engendre l’inégalité en religion n’est que l’inégalité mise ne place en les sociétés humaines. Ces systèmes de discrimination sont par suite introduits dans les religions et bénéficient alors comme d’une validation divine… L’islam
 est un haut lieu de ce type de déviations du Message divin révélé. 
 
4- Egalité en religion :
 
Des trois statuts communs ontologiques précédents découle naturellement que hommes et femmes sont égaux en matière de religion  :
 
“ [Ils disent]Seigneur ! Donnes-nous ce que tu nous as promis par Tes Prophètes et ne nous afflige pas au Jour de la Résurrection ; certes, point tu ne négliges ta promesse. Leur Seigneur les avait exaucés : Je ne délaisserais le moindre acte que vous accomplissiez, homme ou femme, les uns comme les autres, [4]…”
 S3.V194-195. 

 
Toute inégalité de traitement ou de considération, toute discrimination, ne reposent que sur la validation a priori d’une différence intrinsèque. Il y a ainsi des races supérieures et es races inférieures, des peuples élus et les peuples abandonnés, des nations civilisatrices et les nations civilisables, des communautés supérieures et d’autres inférieures…
 
A l’opposé de ces plaies de l’humanité, la rigueur coranique : deux choses ontologiquement égales le demeurent quelques soient les cas d’application. Il n’y a pas pour le Coran de sous-êtres ni de sous-catégories d’êtres, nous aurons l’occasion de revenir sur point essentiel tant le poison de la discrimination semble vouloir infuser le sang de l’Islam.
 
5- Egalité spirituelle :
 
Cette égalité en essence, en foi, et en religion, s’exprime alors rationnellement jusqu’au niveau de plus haute spiritualité, la sainteté :
 
“ Lorsque les Anges dirent : Ô Marie ! En vérité, Dieu t’a élue et purifiée. Il t’a élevée au-dessus des femmes de tous les Mondes. Ô Marie ! Sois dévouée à ton Seigneur, prosterne-toi et incline-toi avec ceux qui s’inclinent.”S3.V42-43.
 
Plus encore, cette sainteté féminine est proposée en modèle de réflexion :
 
“ Dieu donne en exemple aux croyants […] Marie fille de Imrân, restée vierge, à laquelle Nous insufflâmes de Notre esprit. Elle fut véridique quant aux paroles et aux Ecrits de son Seigneur ; elle appartint au gens de dévotion.” S66.V11-12.
 
La référence à la virginité ne vise ici que la naissance miraculeuse de Jésus. Au demeurant, et sans qu’il s’agisse de sainteté, le Coran invite les croyants à méditer en le même passage
 le cas de l’épouse de Pharaon, l’exemple d’une femme vertueuse sous l’emprise d’un mâle tyran :
 
“ Dieu donne en exemple aux croyants la femme de Pharaon. Elle disait : Seigneur élève-moi une demeure au Paradis, délivre-moi de Pharaon et de ses actes ainsi que de l’injustice de
 son peuple… ” S66.V11.

 
6- Egalité, communauté, réciprocité :
 
Puisque issus d’un même principe, projetés dans le même monde,cheminant en la même foi pour le même objectif : le retour vers Dieu, il est attendu et entendu que les femmes comme les hommes appartiennent à une seule et unique Communauté, au même titre et de plein droit, en totale équivalence les uns comme les autres et les uns pour les autres ; seule la réciprocité est preuve vraie de l’égalité :
 
“ Les croyants et les croyantes sont un soutien les uns pour les autres. Ils s’appliquent à ce qui est convenable et s’opposent à ce qui est blâmable. Ils accomplissent la Prière, donnent l’Aumône
 purificatrice, obéissent à Dieu et à Son Prophète. A ceux-là, Dieu fera miséricorde ; Il est Tout-Puissant et Sage.” S9.V71.

 
« Egalité, communauté, réciprocité » aurait du être la devise inscrite en lettres d’or en le coeur des croyants. Le terme arabe walî traduit ici par soutien connote un ensemble de notions telles que : amitié, intimité, contiguïté, assistance, compagnonnage, tutorat, protection, amitié, alliance, proximité, etc.
 
7- Pas de sexisme dans le Coran :
 
Il s’agit bien là de la conséquence concrète des principes précédents, ce que devrait être la traduction sociétale de ces fondements essentiels d’égalité. Le Coran réfuta donc que l’on
 puisse disqualifier les femmes du fait même qu’elles ne sont point homme :
 
“ A Dieu la royauté des Cieux et de la Terre, Il crée ce qu’Il veut. Il fait don de fille ou de garçon à qui bon lui semble.” S42.V49.
 
Cette prise de position coranique dément ceux qui affirment que le statut différent, pour ne pas dire discriminatoire,des femmes Ici-bas relève d’une volonté de Dieu. Notons l’expression « Il
 fait don », yahabu, signifiant fortement la valeur des unes comme des autres, notons de même qu’en ce verset les femmes sont citées avant les hommes.
 
Il n’y a pas de sexisme dans le Coran et il fustigea cette conception inique :
 
“ Lorsqu’on annonce à l’un deux la naissance d’une fille, son visage s’assombrit, se noircit même, et il suffoque. Laissera-t-il apparaître aux gens ce mal qu’on lui annonce,devra-t-il la garder malgré la honte ou l’enterrera-t-il vivante ? [5]
 Leur jugement est vraiment une infamie.” S16.V58-59.

 
Cette dénonciation affirme avec indignation et force la conception égalitaire du Coran. Cette position,rappelons-le, était en opposition totale avec la mentalité bédouine tout comme avec celles de l’ensemble des cultures de cette époque et de celles qui suivirent.
 
Ainsi donc, il apparaît clairement que le Coran postule et affirme une égalité parfaite entre la femme et l’homme. Mais, et ce discours est fréquent chez les musulmans comme chez les musulmanes, l’on pourrait concevoir que cette égalité est uniquement d’ordre théorique ou essentialiste, ontologique. En pratique, la femme en ce monde nôtre n’aurait pas le même statut que l’homme, elle nécessiterait d’être protégée, elle devrait en quelque sorte bénéficier d’une paternaliste dhimmitude intérieure…
 
Il n’en est point ainsi et nous citerons là, à titre d’exemple, la conception du couple selon le Coran. Le couple est par définition concrète le lieu intime où s’expriment les conceptions sociales quant à l’homme et la femme. De ce fait, il peut être un havre de paix comme un enfer, toujours le reflet de la société. Alors même que le monde bédouin concevait la relation homme/femme soit sous l’angle de la jouissance physique soit sous l’aspect du service rendu, le Coran vint prêcher avec une étonnante fraîcheur et modernité un couple tout autre, fait d’amour, de respect,
 et de réciprocité :
 
“ C’est un signe de  Dieu d’avoir créé de vous-mêmes votre moitié afin que vous demeuriez en paix auprès d’elle. Il a voulu entre vous amour et miséricorde. Certes, il y a bien en cela des Signes pour qui réfléchit.” S30.V21.
 
En toute logique, de nombreux autres versets viennent étayer et éclairer cette déclaration de principe et les mentionner constituerait à lui seul un sujet ce qui n’est point notre présent
 propos. Cependant, nous aurons compris que, sur cette base, il serait totalement incohérent que le Coran puisse prôner une inégalité sociale au préjudice des femmes et au service des hommes tout en postulant de l’égalité foncière des uns et des autres. Seule l’égalité et l’équité non négociables peuvent illustrer la clarté de la hauteur de vue coranique.
 
Pour autant, un certain nombre de versets nous brûlent les lèvres comme ils nous transpercent le cœur, et l’on est parfaitement en droit de se demander comment justifier de tels versets, tous références des 15 questions que nous avions listées à l’article éponyme précédent. Comment harmoniser l’égalité intrinsèque et sociale que le Coran affirme sans l’ombre d’un doute et l’existence de versets qui testeraient contre les femmes, les réduiraient de moitié quant au témoignage ou l’héritage,les cantonnerait à la piété domestique, à l’obéissance craintive à un homme en droit de puissance et de jouissance ? Autant d’arguments prétendument coraniques mentionnés à longueur de temps par bien des Doctes comme par le peuple de l’islam. D’aucuns, en guise de revendication et selon une dialectique fruste, justifient sans honte au nom de Dieu, comme une provocation à laLumière, leur vision patriarcale et phallocrate du monde. Je le dis sans faux-fuyants, il n’y a pas pire crime que de prétendre au mal au nom du Créateur des Mondes Celui qui s’est nommé Lui-même le Tout-Miséricordieux Tout de miséricorde.
 Face à une situation toujours aussi délicate, la raison comme le cœur se doivent de ne point éviter le problème, d’ignorer vertueusement la difficulté apparente.
 
Nous aurons donc montré, et compris, que le Coran, sans ambages et sans ambiguïté, stipulait de la totale égalité des femmes et des hommes. Une égalité ontologique, intellectuelle, morale et spirituelle, mais aussi sociétale, et qui se doit d’être traduite par la justice, l’équilibre et l’équité. Ainsi verrons-nous, dès le prochain article, les principes généraux régissant la compréhension de l’Islam et permettant de résoudre avec cohérence ce qui nous semble d’insurmontables contradictions.
 


--------------------------------------------------------------------------------


[1] On note que les termes nafs, âme, et zawj, époux ou épouse, moitié, désigne en arabe aussi bien le masculin que le féminin, ils sont donc interchangeables dans ce type de phrase.
 Ce n’est qu’une lecture usuelle et automatisée qui nous fait comprendre que la femme aurait été là « extraite » l’homme.

[2] Ici le Coran se démarque profondément du discours biblique que l’on a pourtant réussi à lui superposer. En effet, un hadîth bien connu que l’on trouve chez Muslim, comme chez Al Bukhârî ou Ibn Hanbal, fait dire au Prophète que les femmes ont été créées à partir d’une côte et que la courbure d’une côte ne saurait être redressée sans être brisée. Outre que ce hadîth sahîh est rapporté par Abû Hurayra au nom duquel l’on a introduit en islam nombre de propos issus de la culture religieuse juive et chrétienne orientale, cet unique hadîth est ahâd. C’est-à-dire que ce texte n’a qu’une faible valeur probante puisque il ne serait connu que selon une seule chaîne de transmission, isnâd. En tout état de cause, ce type de document ne peut être opposé à un discours coranique contraire et par ailleurs fort explicite et redondant, nous l’avons exposé. Nous verrons au prochain article la nécessaire hiérarchisation des données et informations en islam. Mais, plus encore, ce même hadîth justifie, sous couvert de bien traiter les femmes, leur nature alors prétendument faible et non droite nécessitant qu’on les traite avec compassion… affirmation au mieux paternaliste et en totale opposition avec l’ensemble des propos coraniques que nous citons en cet article qui, eux, prônent l’égalité ontologique, pleine et foncière, entre l’homme et la femme, cette dernière n’étant pas à redresser !
 
[3] Dans le Coran c’est l’arbre en sa totalité qui est frappé d’interdit, les fruits ne le sont que par voie de conséquence.
 

[4] « les uns comme les autres » : nous traduisons ainsi dans le contexte la locution « ba‘dukum min ba‘din ».
 Celle-ci a suscité quelques difficultés aux commentateurs qui y virent plutôt l’indication d’un rappel de la communauté d’origine des hommes et des femmes. Mais il nous parait plus simple et plus cohérent d’entendre cela comme une figure rhétorique d’insistance, de rappel, concernant l’égalité des hommes et de femmes en bien comme en mal. Nous avons d’ailleurs la formule équivalente en
 S9.V67 où, indubitablement, elle ne peut prendre le sens classiquement admis mais supporte parfaitement notre choix de traduction « les uns comme les autres ».
 

[5] Allusion à une pratique assez courante dans l’Arabie préislamique : l’homme enterrait les nouveau-nées filles, tant par peur du déshonneur que pour éliminer un vecteur de surpopulation. De même, les Arabes sacrifiaient souvent à la naissance les femelles des animaux afin d’éviter le surpâturage…

a suivre   InchAllah

 Salam Alaykoum
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fathéma
Invité
« Répondre #9 le: Mars 19, 2012, 08:48:24 »
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 Salam Alaykoum

Macha Allah wa barak Allahou fik
mon cher frère Abdallah pour ton post juste Magnifique

et  MachAllah  Baraka Allahou Fik

au plaisir de te lire  InchAllah et de lire la suite InchAllah

 Salam Alaykoum wa Rahmatoulahi wa Barakatouh
« Dernière édition: Novembre 26, 2012, 08:49:00 par Um♥Rayhane » Journalisée
Abdellah
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« Répondre #10 le: Mars 20, 2012, 13:19:09 »
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Salam Alaykoum

Merci ma chère soeur que Dieu te benisse

Voici la suite de l'excellent article du frère Al Ajami que Dieu le benisse

Nous aurons donc explicitement montré que, selon le Coran, il était possible de mettre à jour au moins sept niveaux d’égalité entre les hommes et les femmes, respectivement : 1- Egalité ontologique, 2- Egalité de valeur, 3- Egalité en la foi, 4- Egalité en religion, 5- Egalité spirituelle, 6- Egalité en la réciprocité, 7- Egalité en société. [1]
 
De même, nous avions souligné, ce qui sera la suite de nos réflexions, qu’un certain nombre de versets du Coran semblaient en opposition, si ce n’est en contradiction, d’avec cette égalité foncière et plénière, versets régulièrement exploités par les partisans de la ségrégation du sexe dit faible, comme au demeurant par les adversaires déclarés du Coran. Parallèlement, nous avions mentionné, ce que chacun sait, l’inégalité de fait de la femme dans le monde musulman. Il serait toutefois faux de s’imaginer que le Coran ait agi directement et exclusivement sur la formation de ces sociétés comme il serait inexact de penser qu’il n’ait pas eu d’influence. Il apparaît également certain de nos jours que ces versets semblant minorer le statut de la femme en islam soient encore régulièrement mis en exploitation par la gent masculine phallocrate toute à l’obsession du maintien de ses prérogatives culturelles, patriarcales, et millénaires.
 
Plus exactement encore, entre les us et coutumes des sociétés musulmanes et le Coran en tant que Message de Dieu, nous pouvons identifier une courroie de transmission principale le Hadîth
 et/ou ce que l’on nomme la Sharia. Ces deux organes sont en réalité prépondérants au point, bien souvent, de se substituer au Coran en notre compréhension et notre vécu de l’islam. De fait, Hadith ou Sunna, tout comme Sharia, sont conçus comme des explications didactiques du Coran et il était prévisible qu’ils puissent éclipser ce qu’ils étaient censés éclairer.
 
• Pour le besoin des démonstrations à venir nous admettrons donc que l’islam est composé de trois référents coordonnés que, pour faire simple, nous désignerons par : Le Coran,
 la Sunna, la Sharia.
 
Pour cette construction triangulaire, le Coran, la Sunna et la Sharia, l’on admet généralement et en toute logique un double principe de hiérarchisation et de cohérence. En d’autres termes, le Coran ne peut être invalidé ou contredit par la Sunna ou la Sharia, tout comme la Sharia ne peut contredire la Sunna ; comme des éléments censés découler les uns des autres ils sont nécessairement en
 harmonie. Conséquemment, le Coran est la référence opposable à tout hadîth, texte ou discours, en islam bien évidemment.Ainsi, s’il y a contradiction  entre le Coran et la Sunna c’est alors que le hadîth en question est soit une pure fabrication soit que l’on n’en comprend pas l’énoncé de l’un ou de l’autre.
 S’il y a contradiction entre le Coran et un docte, qu’il soit exégète ou juriste, c’est alors que cet homme a tort ou que l’on ne comprend pas le Coran sur ce point précis.
 
Concrètement, le chantier que nous avons ouvert sous l’intitulé : Egalité des hommes & des femmes nous donnera l’occasion de vérifier l’efficacité probante et conclusive de cette organisation des données de l’islam. Il ne s’agira donc pas de théoriser mais de montrer combien il est nécessaire de savoir classifier et agencer les informations constitutives de nos croyances ou connaissances qualifiées en vrac d’islamiques ou pire d’islam. En réalité, il n’y a pas d’analyse possible, c’est-à-dire de réflexion, sans une critique rationnelle et éclairée exercée en l’édifice Coran, Sunna Sharia.
 
• En application, ou bien le Coran stipule la supériorité de l’homme sur la femme et par voie de conséquence l’infériorité de la femme par rapport à l’homme ou, à l’inverse, il affirme leur égalité totale et intrinsèque [3] :
 

 Dans le premier cas il sera donc logique de trouver des hadîths du Prophète parfaitement misogynes ou machistes et il sera alors cohérent que les Doctes de l’islam aient inscrit dans le Droit cette infériorité de l’espèce féminine.
 
– Dans le cas contraire, aucun de ces hadîths n’a de logiques raisons d’être retenus. Les juristes musulmans les mettant à l’œuvre pour une Sharia s’opposant alors au Coran pourraient être poursuivis pour usage de faux. Tout du moins, leurs points de vue ne reflètent-ils alors que leurs propres idées sur la question et non point la vérité coranique.
 
En illustration, et au vif de notre sujet, il n’y a aura qu’à considérer quelques hadîths fort connus qui nous sont régulièrement rappelés, nous pouvons citer sans peine les suivants :
 
Le Prophète a dit : « Si la malchance existe en quelque chose c’est en la femme, la maison et le cheval. »

Le Prophète a dit : « Je n’aurais rien laissé après moi d’épreuve plus mauvaise pour l’homme que les femmes. »
 
Le Prophète a dit : « Un peuple qui accepte qu’une femme le dirige ne pourra connaître la réussite. »

Le Prophète a dit  : « J’ai vu que la majorité des hôtes du Paradis étaient les pauvres et que la majorité des hôtes de l’Enfer étaient les femmes. »
 
Le Prophète a dit : « Que l’un d’entre vous ne fouette pas sa femme comme l’on fouette un esclave et ensuite s’unisse à elle à la fin du Jour. »

Le Prophète a dit : « Lorsque un homme invite au lit sa femme et que celle-ci se refuse, alors les Anges la maudissent jusqu’à l’aube. »
 
Le Prophète a dit : «  … La majorité des hôtes de l’Enfer sont des femmes et, ce, du fait qu’elles auront été ingrates envers leur mari… »
 
Le Prophète a dit s’adressant aux femmes un jour d’Aïd : « … Je n’ai rien vu d’autre parmi les êtres faibles en intelligence et en religion qui soit plus à même de faire perdre la raison à un homme fort résolu qu’une femme. Et en quoi sommes-nous faible en religion et en intelligence – demandèrent-elles – ? Il répliqua : Le témoignage de la femme ne vaut-il pas la moitié de celui de l’homme ?
  » Elles acquiescèrent. Il dit : Cela provient bien de leur infériorité en intelligence. Il ajouta : Une femme ayant ses règles ne
 doit-elle pas s’abstenir de prier et de jeûner ? Elles acquiescèrent. Il dit : Cela provient bien de leur infériorité en religion. »[4]
  
 
Pour le moins, voilà qui a le mérite d’être clair. Ces propos présentent sans ambages une image de la nature et de la fonction de la femme en adéquation avec les fonds culturels populaires musulmans ; cultures passées mais aussi encore nettement pesantes y compris sur la liberté de pensée et d’être des nouvelles générations. La femme, en ces hadîths, retrouve son statut de demi-être, créature vouée à l’Enfer elle est tentatrice, fardeau et épreuve pour l’homme, diminuée de moitié en intelligence et religion, elle ne peut donc qu’être asservie à la mâle puissance du sexe fort. Sans son protectorat elle n’est rien de bon.
 
Mais, n’allons pas croire que nous soyons face à des hadîths faibles ou apocryphes, de ces machinations textuelles destinées à ternir l’image du Prophète ou à induire les musulmans en erreur, quelques œuvres du Malin en quelque sorte. Détrompons-nous, ces sept hadîths que l’on entend trop souvent sonner en prêche ou grincer dans les chaumières sont tous extraits du Sahîh de Al Bukhârî, la référence.
 
Il nous faudrait donc considérer que ces paroles ont toutes été prononcées par notre Prophète ! Outre qu’elles énoncent l’insupportable, il nous est aisé de constater qu’elles s’opposent, plan par plan, aux sept niveaux d’égalité coranique homme/femme ; nous sommes présentement fort loin de l’idéal mis à jour à la lecture du Coran.
 
En ces hadîths, la sentence en arabe est brève, tranchante, facile à mémoriser et à transmettre et, à l’évidence, conçue pour constituer une ligne dure et efficace, la femme
 infériorisée au service de l’homme. Si le Prophète, l’homme le plus au fait de la vérité divine, nous a enseigné ces sagesses c’est qu’il s’agirait là d’une vérité « quasi » révélée. Le glissement n’est pas ici seulement sémantique mais correspond à l’idée moyenne qui structure le monde musulman, la Sunna a même valeur que le Coran, elle lui est même concrètement supérieure car les
 hadîths disponibles sont plus aisément accessibles, c’est-à-dire faciles à comprendre, que le texte coranique et répondent de plus directement aux questions que se posent les gens.
 
Le Coran, lui, nous pose des questions, il nous interpelle, autre rigueur pour une autre éthique.
 
Conséquemment, ces « hadîths » authentifiés, sahîh, nous les connaissons tous. Et nombreux sont ceux qui, ne pouvant se résigner à une telle caricature, se sont efforcés de les « interpréter » favorablement ou de les oublier en leur relation avec l’autre féminine, notre mère, notre sœur et notre épouse. Ces discours « modernistes » sont bien en place, nous les connaissons tous, et l’interprétation a dû déployer des trésors de rhétorique pour qu’en ces hadîths le respect l’emporte malgré tout sur le mépris. Alors, croyantes en tête, nous argumentons du fait que l’islam fait grand cas du respect de la femme, son Prophète n’a-t-il pas dit : « Le Paradis est aux pieds de vos mères » ou « Le meilleur d’entre vous est celui qui est le meilleur envers ses femmes, et je suis le meilleur d’entre vous en la matière. »
 
  
a suivre  InchAllah Rire Mouslim

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« Répondre #11 le: Mars 20, 2012, 13:19:09 »
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La suite  .......


Nous plaidons ensuite que la présence de hadîths authentifiés en opposition avec ce noble message prophétique doit être comprise autrement, que l’on ne doit pas à des viles fins les déplacer de leur contexte, qu’il nous faudrait les historiciser. Ainsi, sous un autre aspect, ces hadîths n’exprimeraient-ils au fond qu’une reconnaissance de la fragilité de la femme, de sa féminité en quelque sorte, et
 nous ne devrions pas alors confondre en intention la protection et l’enfermement. L’on insiste ensuite par le a contrario en rappelant que l’Occident exploite la femme et l’expose alors que l’islam l’honore de sa bienveillance, etc. la dialectique sera ici à l’œuvre pour une noble tâche…
 
Mais, d’autres, nous le savons pertinemment et ne pourrons le nier, saisissent l’aubaine littéraliste et maintiennent à leur unique profit la chaîne du malheur asservissant la femme, non pas en Islam mais chez les musulmans, tant il est vrai qu’il est plus facile d’être en ce cas un homme qu’une femme… Combien d’elles se soumettent alors au nom de la conformité à la culture de nos sociétés comme au nom d’une prétendue conformité avec la parole et le modèle prophétique, au nom de la foi, au nom de Dieu !
 
Mais comment accepter l’inacceptable ? Faudrait-il que nous apportions encore d’autres hadîths du Prophète qui soutiendraient l’égalité et le respect des hommes et des femmes mais alors nous aurions des textes prophétiques en opposition ! Et, quand bien même, ne pourrait-on pas alors mentionner le célébrissime hadîth : « … Si j’avais dû ordonner que l’on puisse se prosterner pour
 un autre que Dieu j’aurais ordonné à la femme de se prosterner pour son mari. » [5] et il saurait encore possible d’allonger la liste en pour ou en contre.
 
Ce phénomène de contradiction est suffisamment fréquent à l’intérieur des corpus de hadîths pour que, ne pouvant remettre en cause l’authenticité de ces hadîths divergents, puisque se serait remettre en cause le principe même de la collecte et de la sélection du Hadîth, bien des esprits classiques aient fait assaut d’imagination afin de chercher à les rendre compatibles les uns les autres. Il
 existe ainsi une discipline de conciliation des contraires dans le Hadîth [6] mais, à vrai dire, seuls les yeux de la foi peuvent valider de tels argumentaires généralement aussi peu rationnel et probants qu’ils sont apologétiques.
 
Bien que de telles intentions puissent être sous certains aspects louables, jusqu’où et jusqu’à quand les croyantes et les croyants devront-ils défendre l’indéfendable ? Ces textes, ces sept hadîths par exemple, sont tous extrêmement explicites et leur sens obvie ne souffre pas d’ambiguïté. Au demeurant, la majorité des ulémas ou des prêcheurs qui les utilisent en font usage en ce sens là et non point en une de ces subtiles lectures édulcorante que nous pourrions en donner.
 
En définitive et en toute objectivité, lorsqu’on confronte le Coran et la Sunna il convient de poser, sans passion, la problématique suivante :
 
1-  Le Prophète peut-il avoir prononcé des paroles en opposition ne serait-ce qu’avec un seul verset du Coran ?
 
2-  Le Prophète peut-il se contredire lui-même sur des points aussi importants que le statut ontologique et religieux des êtres ?
 
3-  Si l’on admet que le Prophète ait pu commettre de tels écarts de rigueur en ces énoncés alors quel crédit accorder à l’ensemble de ses propos, la Sunna ?
 
4-  Si la Sunna s’oppose au Coran quelle valeur a ce système de référence ?
 
– A la première interrogation nous avons déjà répondu que cela ne pouvait s’admettre.
 
– A la deuxième, nous pensons en toute rigueur qu’un homme de la dimension du Prophète ne peut commettre de telles erreurs.
 
– De la troisième nous comprenons que des « textes » s’opposant à la fois au Coran et à des hadîths du Prophète eux-mêmes en conformité avec le Coran ne peuvent validés. C’est-à-dire qu’il serait incohérent d’admettre que le Prophète ait pu les prononcer.
 
– De la quatrième nous devons conclure que la seule Sunna qui puisse avoir de la valeur est celle que l’on expurgera de certains « textes » au nom de la raison coranique et non pas uniquement en fonction de la seule valeur technique des chaînes de transmissions.
 
Au final, si des « textes » dont le sens est contraire à celui du Coran se trouvent consignés en des corpus de hadîths authentifiés c’est qu’ils ont « bénéficié » d’erreurs techniques les ayant maintenus en ces ouvrages spécialisés. Conclusion rationnelle qui ne préjuge en rien de l’intention des auteurs réels de ces documents et de ces hiatus.
 
Voila ce qui, de notre point de vue et en saine logique, permet de conserver un équilibre rationnel entre le croire et le penser. Le critère de l’Islam est le Coran, et la Sunna, tout comme le développement technico-juridique dit Sharia, ne possèdent pas le statut de vérité intangible révélée. Ainsi donc, la Sunna, c’est-à-dire un ensemble de textes transmis d’homme à homme, devrait-elle être conforme à la raison coranique et, d’autre part, rien ne devrait imposer que la raison humaine soit en obligation de capituler face au non-sens, à la contradiction, à la perte de sens, à l’injustice, à l’impensable.
 
Nous devons l’entendre à sa juste signification, bien trop de ces « textes » transmis reflètent abusivement les mentalités qui les ont vu naître et ne peuvent à l’heure actuelle être défendus. Mais, et ce point est capital, cette nécessaire sélective ne peut être établie au nom de critères quelconques estampillés « modernité », « réformisme » ou autres visions personnelles. Le modèle, le référentiel, qui doit être ici mis en action est le seul Message coranique compris par et pour lui-même, le Hadîth se juge donc à la lumière du Coran.

Corollairement, ce n’est point le Hadîth qui donne sens au Coran mais bien le Coran qui donne sens au Hadîth.
 
Rien en cette démarche solide et cohérente ne cherche à opposer comme imposer une culture à une autre ou un temps à un autre. Le Message du Coran est universel et intemporel, il est ontologiquement le critère absolu à l’aune duquel nous devons juger de la Sunna comme de tout avis émis par des musulmans, nous y compris et en premier chef bien évidemment. Par souci de précision, nous ajouterons que cela n’a de sens, bien évidemment, qu’en notre seul domaine religieux. Il nous faut donc apprendre à hiérarchiser l’information alors que jusqu’à présent nous apprîmes
 l’information de la hiérarchie. De ce point de vue là, tout être est libre et responsable en sa religion comme il est responsable devant Dieu de ses actes propres.
 
• Enfin, tout aussi logiquement, l’ensemble de ce qui précède en matière de hiérarchisation Coran/Sunna impose que le Coran possède aussi une cohérence interne. Ce point essentiel il l’atteste par lui-même : “ Ne méditent-ils donc pas le Coran ? S’il avait été d’un autre que Dieu ils y trouveraient de nombreuses contradictions” S4.V82. Conséquemment, si à la lecture du Coran il semble y avoir contradiction entre deux parties, c’est alors qu’une des deux parties, ou les deux, ne sont pas lues correctement.
 
Puisque nous avons démontré en notre article précédent que des dizaines de versets attestaient sans difficultés ni ambiguïté aucunes de l’égalité des hommes et des femmes tant ontologiquement, religieusement, que socialement, cela suppose comme implique qu’aucun autre verset ne puisse inférer de la supériorité ou de l’infériorité de l’un ou de l’autre par rapport à l’un ou l’autre. Par voie de conséquence, puisque le Coran est un tout non négociable, tout verset qui attesterait d’une diminution ou d’une violation de ce principe d’égalité ne semblerait avoir un tel sens que du fait que nous ne comprenons pas sa signification réelle.
 
Le Coran, nous l’admettons tous comme un salubre et rigoureux postulat, est Message de justice et d’équité. A l’inverse donc, le Coran ne saurait être le vecteur de l’injustice et de l’iniquité. Ceci est un fait de raison, ce n’est pas un pensé de foi. Un croyant comme un non-croyant ne peuvent accepter que le Coran, ou toute autre Ecriture dite Sacrée, ou tout autre texte, puissent enseigner le mal et la discrimination. Ainsi, lorsque un de ces textes dits “Sacrés” – que cinq milliards d’êtres humains consultent – s’écarte de cette claire voie deux possibilités rationnellement envisageables :
 
1- Le texte est authentique, c’est-à-dire considéré comme émanant de Dieu, mais nous ne le comprenons pas correctement.
 
2- Le texte n’est pas authentique, il n’est que le reflet de la main des hommes.
 
Nous concernant, c’est-à-dire spécifiquement le Coran, aux variantes près, le deuxième point est à écarter, le postulat fondamental de cohérence textuelle s’affrontera donc à notre intelligence du dit texte. Ce rapport entre notre raison et le Coran sera donc nécessairement au cœur de nos réflexions exégétiques. Nous nous donnerons par conséquent l’occasion dès les prochaines parutions d’examiner concrètement cette problématique par l’étude de versets dits « sensibles » tels ceux relatifs à la possibilité pour l’homme de frapper sa femme ou ceux attribuant aux femmes la moitié en héritage ou en témoignage. Car, enfin, à les entendre, la femme ne serait pas la moitié de l’homme mais bien la moitié d’un homme !
 


--------------------------------------------------------------------------------


[1]  Cf. Egalité des hommes & des femmes 2.
 

[2] Ceci vaut, bien évidemment, pour les hadîths en rapport avec un sujet coranique. Dans le cas contraire, l’approche du rapport Coran/Hadîth devra être articulée différemment.
 

[3] Notons qu’il serait inconcevable de supposer que l’on puisse imaginer l’infériorité de l’homme par rapport à la femme…
 
[4]Le mot naqs peut se traduire par : diminution,défaut, manque, décroissance, autant de notions s’exprimannt en français en le terme infériorité, sauf à vouloir « euphémiser » le texte de ce hadîth.
 

[5]Hadîth rapporté par At-Tirmidhî, Ibn Hanbal, Ibn Mâjah et d’autres. Classé hasan sahîh. Bien sûr, ce hadîth est au conditionnel et possède un contexte qui en précise le sens bien plus rhétorique que réel, mais toutes ces précautions techniques et oratoires ne lui retirent guère que, concrètement, il soit bien trop souvent cité pour attester au nom du Prophète et de l’islam que la femme n’est pas, pour le moins, l’égale de l’homme… Devrais-je remercier Dieu de ne pas m’avoir fait femme !
 
[6]  Ainsi, par exemple, Ibn Qutayba [In : ta’wîl mukhtalif al hadîth] nous légua-t-il en la matière un brillant exercice de style mais sans guère pouvoir convaincre par une argumentation solide ou construite

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« Répondre #12 le: Mars 20, 2012, 17:05:35 »
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 Salam Alaykoum wa Rahmatoulahi wa Barakatouh
 baraka2
Frere Abdellah   et ma tres chere soeur Um rayhane
pour  ce fil  tres instructif
 El Hamdoulilah
mon frere Abdellah  ces  ecrits   donne  a  reflechire

il ne faut  pas  oublier  non plus  que  la sunna  avant
d etre  un recueil  de hadith 
designait  le comportement  du prophete   Salla-llah allahi wa salam
sa facon de vivre  ect.....

Allah  le misericordieux  nous a  designe  le son 
prophete   Salla-llah allahi wa salam   comme model 

est si  certains  hadith  viennent  contredire  le
veritable  comportement  du  prophete  saws
notre  model  par   exellence

il faut  vraiment  que  nous  faisions  attantion
 Salam Alaykoum wa Rahmatoulahi wa Barakatouh


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« Répondre #13 le: Mars 23, 2012, 18:14:47 »
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Salam Alaykoum

Ma chère soeur que Dieu te benisse

Oui il faut que nous fassions tres attention en matière d'interprétation des textes qui ne doivent jamais venir contredire le message révéler par Allah  Razza wa jal

Lorsque Aïcha, l'épouse du Prophète, a été interrogé sur ses manières, elle a dit:

 «Ses manières étaient le Coran."  (Ahmad). "Il était un Coran marchant sur la terre" (Ahmad).

D'autre part, Allah Tout-Puissant a décrit Son messager (paix soit sur ​​lui) en disant :

{En effet, vous avez un personnage sublime.} * (Al-Qalam 68:4)

Il Salla-llah allahi wa salam  a dit à ses compagnons qu'un bon caractère est la meilleure façon de gagner les cœurs des gens en leur disant:

"Vous ne rendrez jamais les gens heureux avec votre argent, mais vous gagnerez leurs cœurs avec un visage souriant et les bonnes manières " (Ibn Al-Hakam.)

Et c'est là ou nous devons concentrer nos efforts  InchAllah : la bonne compréhension de la révélation divine

 Salam Alaykoum
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« Répondre #14 le: Mars 23, 2012, 21:02:00 »
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Salam Alaykoum

Voici une autre série d'article qui laisseraient entendre que l'on comprend parfois tres mal la parole divine : merci a notre frère al ajami de nous éclairer  sur ce qui nous amène a certaines incompréhension

Frapper sa femme avec le Coran ?

Peut-on frapper sa femme avec le Coran ? Telle est la question que nous avions formulée qui, pour ne pas être élégante, avait tout du moins le mérite d’être explicite ; ce que la morale réprouve, le Coran l’aurait-il autorisé ? L’on entend déjà qu’une autorisation n’est pas un droit, qu’à circonstances exceptionnelles, moyen exceptionnel. Il y a celles et ceux de bonne volonté qui demandent ce qu’il faut faire d’un tel verset, doit-on l’oublier ou l’amputer du texte ? Certaines et certains, également, ne peuvent supporter que le divin assomme les femmes sous la force de l’homme. Mais aussi les donneurs de leçons qui, saisissant le bâton, nous l’assènent, et d’autres, goguenards, citant “in texto” le Coran : « Frappe ta femme tous les vendredis car si tu ne sais pas pourquoi, elle, elle le sait », dixit mon voisin de souche.
 
Si tant est que la misère ordinaire n’ y aurait point suffi, que le dos n’ait ployé sous la charge, l’âme sous l’amertume débordée, qu’alors la récente actualité franco-américaine nous aurait rappelé les tréfonds du problème et de l’âme, les rapports entre la prédation, le discours et la morale, l’homme et les femmes.
 
Si une chose est universelle c’est bien la sourde souffrance de l’autre ; quelque soit le ciel, les larmes ont le même goût, salé et amer.
 
Il ne sera pas question de discuter du fait de savoir s’il l’on a le droit ou non, fût-il “coranique”, de frapper sa femme, pas même une femme mais bien « sa » femme, comme d’autres bastonnent leur âne. Qui commet cela, ou y songe, n’a sûrement pas besoin d’une légitimation “légale”, et il y aurait une indécence plus grande encore à en débattre : « Sheikh, l’islam permet-il à l’homme de
 frapper sa femme ? » Un musulman pourrait-il à ce point être dénué de sens moral, d’éthique, qu’il en vienne à se demander si sa religion,Dieu, son Prophète, son Livre, aient pu l’autoriser à
frapper « sa » femme, une femme. Un musulman serait-il un coeur mort pour un esprit sec, un être sans conscience.
 
Ceci étant clairement précisé, demeure à la question pour nous un intérêt autre et, aux articles précédents, nous avions évoqué la hiérarchie Coran, Sunna, Sharia, les rapports de cohérence et de priorité devant les régir. Au dernier, nous avons spécifié une approche rationnelle face à une Sunna qui contredisait le Coran à partir d’un cas concret : l’égalité des hommes & des femmes.
 L’ensemble, Coran, Sunna, Sharia, c’est-à-dire l’islam, ne peut être probant que si le Coran, pilier principal de l’édifice, est lui-même cohérent, s’il ne comporte aucune contradiction : “ Ne méditent-ils donc pas le Coran ? S’il avait été d’un autre que Dieu ils y trouveraient de nombreuses contradictions.” S4.V82.
Ainsi, logiquement encore, nous avions postulé que si deux énoncés coraniques semblent se contredire c’est que : soit nous n’en comprenons pas un des deux, soit les deux.
 
Illustrant doublement notre propos, un verset coranique est tristement célèbre, on peut y lire en une traduction standard l’enchaînement suivant :

“ Les hommes ont autorité [qawwâmûna] sur les femmes, en raison des faveurs que Dieu accorde à ceux-là sur celles-ci, et aussi à cause des dépenses qu’ils font de leurs biens.
 
Les femmes vertueuses sont obéissantes à leur mari [ qânitât], et protègent ce qui doit être protégé, pendant l’absence de leur époux, avec la protection de Dieu.
 
Et quant à celles dont vous craignez la désobéissance, exhortez-les, éloignez-vous d’elles dans leurs lits et frappez-les [ wa-dribûhunna].Si elles arrivent à vous obéir, alors ne cherchez plus de voie contre elles, car Dieu est certes, Haut et Grand ! ” S4.V35.

 
Si le texte ainsi produit pourrait paraître un peu confus, il n’en ressort pas moins, et peut-être à dessein, un triptyque précis  :

-
 Les hommes ont autorité sur les femmes.
 
-
 Les femmes vertueuses sont celles qui obéissent à leur mari.
 
-
 Si elles désobéissent, frappez-les.
 
Or, nous avons précédemment montré que le Coran atteste explicitement de l’égalité plénière entre l’homme et la femme selon au moins sept niveaux d’égalité que nous rappelons : 1-Egalité ontologique, 2- Egalité de valeur, 3- Egalité en la foi, 4- Egalité en religion, 5- Egalité spirituelle, 6- Egalité en la réciprocité, 7- Egalité en société.
 
A l’analyse, cette égalité présuppose l’équité, la réciprocité, et la complémentarité.
 
Comment donc concevoir que le Coran puisse à maintes reprises prôner un tel idéal de justice et d’humanisme éclairé et cautionner par ailleurs un pater familias  que chacun, mais pas chacune, pourra nuancer selon ses besoins : du paternalisme au sexisme, du patriarcal au machiste, du phallocentrisme au sexisme misogyne ?

Rigoureusement, il se pourrait alors que nous nous soyons trompé en notre analyse égalitaire et ayons interprété le Coran en fonction de nos présupposés personnels. Rigoureusement, cela ne peut être le cas, les versets traitant de cet important problème sont nombreux, redondants, explicites, et à aucun moment nous n’avons eu recours à un quelconque procédé d’interprétation. Ces versets sont au sens premier et obvie limpides et ne nécessitent qu’une lecture directe.

Rigoureusement, face à ce premier constat, seule la deuxième hypothèse logique persiste : nous ne lisons pas correctement, c’est-à-dire nous ne comprenons pas, le sens apparent de S4.V34 .

• Première affirmation : Les hommes ont autorité [qawwâmûna] sur les femmes.
 
La racine verbale qâma signifie principalement se lever, être droit, se dresser, surgir, s’immobiliser, occuper une place, se charger d’une affaire, devoir faire, s’occuper de, savoir faire, soutenir.
 Le pluriel qawwâmûna qui en découle est une forme intensive du participe actif qâ’im lequel a pour sens connu : qui est debout, qui s’occupe de quelque chose, qui est constant et responsable.
 Le champ lexical est homogène et la forme qawwâm, plus extensive et protectrice, fait qu’il n’ y a aucune difficulté à comprendre en ce verset : « Les hommes assument les femmes  ».
 La suite immédiate est explicative : « à raison de ceux que Dieu les avantages (avantager et non pas faveurs pour le verbe faddala) les uns les autres et de ce qu’ils dépensent de leurs biens. »
 
Cette traduction est littérale et le sens en est apparent : il est tout simplement demandé aux hommes d’assumer matériellement le couple (plus largement peut-être les femmes) du fait qu’ils ont généralement plus de moyens à y consacrer. On note qu’il ne s’agit pas dans la formulation d’un ordre mais d’un constat : lorsque telle est la situation sociale alors vous vous devez moralement de le faire.
 
Cette lecture directe non interprétative maintient la cohérence coranique.L’on peut alors légitimement se demander comment l’on a donc pu traduire, c’est-à-dire valider le sens de qawwâmûna par : « avoir autorité sur ». Les exégètes classiques ont fortement pesé sur le texte et l’ont surinvesti d’une gamme fleurie de commentaires où l’homme est réputé être “supérieur” à la femme, concept dans l’ordre des choses et de l’évidence selon eux.

Cette induction de sens, assenée en boucle sur des siècles, permet aux lecteurs et aux traducteurs inattentifs ou aimablement conscients de leur masculinité de “lire” qawwâmûna  comme signifiant « avoir autorité sur ». La lecture n’est point un phénomène objectif mais orienté et « celui qui a autorité sur » ce dit en arabe « qâ’im bi» et non pas « qâ’im ‘alâ » comme le porte expressément le texte coranique. La confusion puise là ses intimes mécanismes et, alors même que «  qawwâmûna ‘alâ-n-nisâ’i  » ne peut que signifier « les hommes assument les femmes », le sens voulu par le discours prégnant l’oblitère et impose ce que les hommes ont pensé : « les hommes ont autorité sur les femmes ».
 
Cet exemple montre sans peine que les mots clef du Coran peuvent servir aisément de caution aux points de vue de certains types de société indépendamment du Message coranique textuellement transmis. Le « sens » du Coran a donc une histoire qu’il nous faudrait savoir envisager.
 
• Deuxième affirmation : Les femmes vertueuses sont obéissantes [ qânitât] à leur mari.
 
Ici le mécanisme est différent. C’est le terme qânitât qui est commenté ou traduit par «  obéissantes à leur mari  ». La racine verbale qanata est homogène et non polysémique, elle évoque le fait de se résigner à la volonté de Dieu , de ''prier abondamment, d’adorer Dieu sincèrement,avec grande dévotion , être dévot et au féminin dévotes , qânitat.

Citons S39.V9 où l’on note l’emploi masculin de qânitun  ; serait-ce un homme obéissant à sa femme qui serait ainsi loué ! De même en S66.V12 Marie est qualifiée de qânitât , serait-ce qu’elle était obéissante à son mari !
 
Nonobstant, cela n’a nullement gêné les commentateurs principaux ayant bien voulu là comprendre et nous faire comprendre que l’obéissance due à Dieu devait être ici synonyme de l’obéissance due au mari ! Normalement, un arabe, ou un pauvre arabophone, ne peut commettre la confusion, c’est donc bien que nous ne lisons pas le Coran mais bien plutôt ce que les hommes, ici les exégètes ou les ulémas, en disent. Les traducteurs qui leur ont servilement ou volontairement emboîté le pas ont eu deux options :
 ajouter « à leur mari  » dans le texte, comme en la version que nous avons suivi, ou les mettre entre parenthèses : « les femmes vertueuses sont obéissantes (à leur mari)  » ce qui est plus élégant
 mais tout aussi tristement mensonger.
 
Il convient donc de lire et comprendre ces mots comme signifiant sans aucune difficulté : « Les femmes vertueuses sont dévouées à Dieu. »
Le glissement sémantique opérant de obéir à Dieu vers obéir à son mari est en lui seul parfaitement symptomatique du mal qui a rongé la formation de l’islam historique et continue à ronger nos cœurs et nos esprits ; encore une fois le sens du Coran à une histoire.
 
• Troisième affirmation : Si elles désobéissent, frappez-les [wa-dribûhunna].
 
L’on aura compris que lorsque par interprétation forcée et dévoiement du texte l’on avait comme première proposition : « les hommes ont autorité sur les femmes  » et comme deuxième « les femmes vertueuses sont obéissantes à leur mari » il n’ y avait rien d’étrange ou de discordant à ce que ce verset puisse autoriser l’homme à corriger la désobéissante, la récalcitrante à l’ordre voulu par Dieu. Ce verset, sans aucun doute, était alors en lui-même cohérent. Il était toutefois en contradiction avec les principes d’égalité coranique et nous verrons en infra comment cela a été résolu classiquement.
 
Mais, à présent que nous avons rétabli la continuité de sens, la problématique apparaît double :

1- Persiste l’opposition d’avec le Message coranique, opposition qui de notre point de vue est inadmissible et impose une révision de sens.
 
2- S’ajoute une difficulté interne au verset. En effet, comment l’homme qui n’a comme prérogative que de subvenir honnêtement aux besoins de son épouse pourrait-il avoir conséquemment le droit de la frapper ? Le paternalisme bon ton, mais à vrai dire la volonté patriarcale, le pouvait seul justifier.
 
Nous serions donc en droit et, plus encore, en obligation à partir de ce simple constat de nous interroger sur le sens de l’ordre coranique wa-dribûhunna qui, comme chacun sait, signifie malgré tout et apparemment selon l’avis unanime et courant frappez-les .

Afin que de parvenir à résoudre cette double difficulté et l’argumenter solidment nous poursuivrons l’analyse selon trois axes distincts :

1 – Analyser l’appareil exégétique dont on a chargé ce verset afin d’en forcer le sens.

2 – Analyser le texte et les contextes.
 
Ces deux études critiques devraient permettre d’étayer d’autres hypothèses de sens.
 
3 – Analyser les possibilités linguistiques de résolution d’une égalité semblant indiscutable, puisque pour mémoire wa-dribûhunna est composé de idribû , l’impératif pluriel du verbe  daraba, ''frapper, et de ''hunna le pronom elles, construction signifiant donc frappez-les.
 
Pour des raisons de format uniquement, les deux premières démarches concluront cet article, la troisième et dernière sera l’objet du prochain, à Dieu plaise.

a suivre  InchAllah

Salam Alaykoum
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« Répondre #15 le: Mars 23, 2012, 21:06:47 »
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Salam Alaykoum

La suite de ce premier article .........

ÉTUDE CRITIQUE

 
Point 1  :
L’induction de sens classique a été ci-dessus analysée et invalidée. Il apparaît littéralement que :
 
a) Ce verset n’indique pas que les hommes ont autorité sur les femmes.

b) Il indique sans équivoque que la piété n’est point d’obéir aux époux mais à Dieu.

c) Le Coran plaide explicitement pour une parfaite égalité de droit et de considération entre les hommes et les femmes.
 
Rien ne permet par conséquent de supposer et d’admettre selon cette cohérence coranique que l’homme ait un quelconque droit à frapper son épouse.

Point 2   : Il a été fourni une preuve à la thèse officielle : Cette «circonstance de révélation   » est fort connue, elle est rapporté par Tabari, Ibn Kathîr, Al Qurtubî, Al Baghawî, Az-Zamakhsharî,
 As-Suyûtî, Al Alûsî, et d’autres : « Une femme que son mari avait giflée vint s’en plaindre au Prophète qui ordonna le talion [al qisâs]. Alors Dieu révéla : « Les hommes ont “autorité” sur les
 femmes… » Certaines versions ajoutent, pour que l’on comprenne mieux, ce commentaire du Prophète : « J’ai voulu une chose mais Dieu en a voulu une autre et ce que Dieu décide est meilleur . »
 
Fort heureusement, ce propos n’est pas un hadîth mais une mise en scène exégétique qui, même lorsqu’elle est attribué à l’Imam ‘Ali, reste apocryphe.
 
Nous devrions donc à la seule vigilance des spécialistes du Hadîth de ne pas avoir à souffrir un tel amas de contrevérités.
 Curieusement, nous pourrions noter que ce récit imaginaire a été inspiré par le concept de réciprocité directement issu du discours coranique sur l’égalité entre les hommes et les femmes ! En réalité, ces procédés de contrefaçons officielles sont autant d’aveux d’une volonté déterminée à imposer au Coran ce que l’homme pense. Cette pseudo anecdote n’est en rien anodine, tout l’univers patriarcal des musulmans y pèse. Au passage, l’on notera que pour le besoin de la cause nôtre le Prophète est même désavoué par Dieu de son statut d’interprète juste de la Révélation !
 
Point 3 : Il est connu et authentifié dans le Hadîth comme dans les Sîra que le Prophète n’a jamais frappé une dame. Selon un hadîth authentifié rapporté par Ibn Hibbân il aurait expressément interdit cela :
 Ne frappez pas les Servantes de Dieu. » De même cette parole :  « Quiconque gifle son esclave ou le frappe son expiation sera de l’affranchir », hadîth rapporté entre autres par Muslim. Comment aurait-il pu donc frapper ou accepter que l’on frappe sa propre épouse ? Mais, surtout, comment imaginer qu’il pourrait en être autrement du modèle prophétique, de l’Aimé qui vit en nos cœurs. Ce faisant, nous noterons que la Sunna du Prophète est ici conforme à l’esprit d’égalité et de respect que le Coran insuffle.

Point 4 : Il est connu, et rapporté par Al Bukhârî, Muslim et d’autres, que le Prophète lorsqu’il eut à faire front à des difficultés avec ses épouses, ce qui est la thématique formulée en notre verset : « Et
 quant à celles dont vous craignez la désobéissance, exhortez-les, éloignez-vous d’elles dans leurs lits et frappez-les [wa-dribûhunna  », ne régla pas au final le conflit en les frappant. Mais, il se retira un mois durant jusqu’à ce que le temps faisant, la situation se dédramatisa d’elle-même, sage comportement de fine psychologie. Aurait-il désobéi au Coran ? Ou bien était-ce avant la
 révélation de S4.V34 ?
 Il y a bien un terme où la raison devient irraison.

Point 5 : Pose problème la présence d’un hadîth en multiples variantes où le Prophète autorise l’homme à frapper sa femme en réponse à la question : Quels sont les droits de la femme sur son époux ? « Que tu la nourrisses comme tu te nourris, l’habille comme tu t’habilles, que tu ne la frappes pas au visage, ne l’insulte pas, et ne l’expulse pas de la maison. » [ii],
 charmantes attentions et « hadîth » régulièrement versés au dossier mais en totale contradiction avec ses autres propos et le message coranique. A vrai dire, en l’esprit de ceux qui colportent ce type d’affirmation cela n’est pas en soi en contradiction avec l’interdiction de frapper précédemment énoncée par le Prophète, il suffit de frapper plus bas que le visage... Ajoutons que les
 spécialistes ont noté que le premier rapporteur de ce hadîth, Muâwyya al Qushayri, n’est pas fiable. L’objectif visé par la mention d’un tel propos par les commentateurs et de préparer l’acceptation des affirmations du point 7.

Point 6  : Selon la logique de l’énoncé « Et quant à celles dont vous craignez la désobéissance, exhortez-les, éloignez-vous d’elles dans leur lit et frappez-les » l’on discerne une pédagogie progressive qui, si elle n’aboutit pas, imposerait que l’on frappe la dissidente. Mais, en ce cas, pour que cela ait la moindre chance d’être efficace, il nous faudrait admettre qu’il s’agirait alors de frapper fort
 afin de contraindre l’épouse et d’obtenir par la force ce que l’on n’avait pu réussir par le dialogue. Bien sûr, ceci majorerait d’autant plus l’incohérence coranique et le Prophète aurait alors prononcé cette belle maxime rapportée par Muslim : « Dieu est miséricordieux et aime la clémence, Il accorde par la mansuétude ce que la force ne peut obtenir » comme une déclaration en totale opposition d’avec notre verset, contradiction sur contradiction.
 
Point 7 : Ce problème semble avoir été perçu par les commentateurs qui ont quasi unanimement admis que le « frappez-les » ne pouvait que signifier : frappez-les “ doucettement”. Pour cette délicate opération l’on fait intervenir principalement Abdullâh ibn Abbâs « l’interprète du Coran » qui explique que le coup doit être un darb ghayr mubarrih, un coup non violent. D’autres variantes précisent que l’on se doit de ne pas briser d’os répandre le sang ou laisser de traces.
 
Concrètement, il est conseillé d’utiliser à cette fin, par exemple, une petite baguette tel un siwâk, objet fétiche qui comme chacun sait peut aussi servir de brosse à dents. Il est assez triste d’avoir à nous réjouir pour Ibn Abbâs et les femmes que l’ensemble de ces propos soit infondé hadistiquement. Il serait plus gênant encore de retrouver ce même conseil technique « frappez-les d’un coup non violent » dans le discours que le Prophète est censé nous avoir légué en son dernier pèlerinage. Il nous suffira peut-être, même s’il parait difficile de perdre ce poignant témoignage, de savoir que ce « discours » est une construction a posteriori et hétéroclite introduite dans les Sîra, biographies de Muhammad, mais qu’il ne figure pas en les recueils de hadîths. Celles qui le veulent peuvent relire les quelques lignes que le Prophète y aurait consacré au sort des femmes, un concentré patriarcal et machiste non édulcoré… cf. Le Prophète aurait-il donc déclaré être « le meilleur envers les femmes » parce qu’il se contentait de les frapper sans leur briser les os !!
 
Ceci étant, pour les exégètes, en ces concepts où l’horreur le dispute à l’absurde, ce n’est point le sort des femmes qui est visé mais le rétablissement de la cohérence coranique. Ce point de vue n’a été forgé et validé par les commentateurs que du fait qu’il permet de justifier ce type de culture face à l’égalité théorique défendue par ailleurs par le Coran, comme si on atténuait la contradiction en atténuant l’intensité de la frappe…

Point 8 :
Toute chose à sa logique et, comme précédemment, si l’on admet que le sens voulu ici par le Coran serait de frapper légèrement sa femme avec un siwâk alors une telle manœuvre aurait du être tenté initialement et non point lorsque la négociation et le refus de lit ont échoué ; que pourrait là un coup de brosse à dents sinon ridiculiser son propriétaire !

Point 9 :
Pourquoi ne pas avoir utilisé l’option joker, l’abrogation ? En effet, cela aurait permis de résoudre par élimination la contradiction entre ce verset et ceux prônant égalité, réciprocité, respect, entre les hommes et les femmes. Le fait est remarquable ; il aurait pourtant suffit de déclarer que notre v34 abrogeait tous les versets « égalitaires », comme le « verset du sabre » abroge selon une majorité de ulémas plus de cinquante versets de paix et de tolérance. L’on aurait pu aussi proclamer l’inverse. L’on aurait pu aussi abroger ce verset par le suivant : “ Ô Croyants ! [...] ayez un comportement correct envers vos épouses. Il se peut que vous éprouviez de l’aversion envers elles alors qu’en réalité Dieu a placé un grand bien en cela.” S4.V19.
Ceci illustre parfaitement l’arbitraire de la fiction abrogative, nous l’avons largement démontré.i Mais ici, à l’évidence, si l’on n’a pas commis cela c’est bien que l’on voulait conserver la prérogative, l’avantage, que le Coran semblait conférer à la gent masculine, quitte à accepter de ne frapper que bas et pas trop violement.

Point 10 :
Selon notre traduction standard, l’homme n’aurait ce droit que pour « celles dont vous craignez la désobéissance… » Le terme clef nuchûz, que certains ont aussi traduit sans guère de raison linguistique par infidélité, signifie tout autant désobéissance, rébellion, brutalité, animosité, indocilité, énervement, discorde, hostilité, offense, querelle. L’indécision de ce champ lexical est problématique ; comment donner l’ordre de frapper une femme sans que l’on sache précisément en quel cas ? Frapper pour rébellion ne relève pas de la même légitimité que frapper pour énervement ou querelle ! Une décision aussi grave que de frapper son épouse peut-elle s’accommoder d’un tel flou terminologique, ou la pédagogie divine serait-elle de mater la rébellion féminine par la force… ?

Point 11 :
En réalité, il n’existe aucun propos ou hadîth authentifié permettant de savoir comment frapper, à quelle intensité et en quelles limites, selon ce verset, les informations traditionnelles données sont purement spéculatives. De même, nous ne savons pas en quelles conditions cela nous serait rendu obligatoire, pour quelle nature de fautes commises ? Incertitude pour le moins problématique que l’on ait la main plus leste que l’esprit ou non.

Point 12 :
L’on aura observé que, a proprement lire, il ne s’agirait pas d’une autorisation donnée : « il vous est permis en certain cas de frapper les femmes » mais qu’en réalité, littéralement, le verbe est sans conteste à l’impératif, il s’agirait donc d’un ordre. En une stratégie à trois temps : 1- Sermon. 2- Eloignement conjugal (ou enferment dans la chambre selon certains). 3- En cas de résistance ordre est alors donné de la frapper. Argument ultime, non négociable…

Point 13  :
Le verset 35 dit ceci : “ Et si vous craignez le désaccord entre les deux faites alors appel à un arbitre de la famille de l’époux et un de la famille de l’épouse. Si le couple souhaite au fond la réconciliation, Dieu rétablira l’entente entre eux…” S4.V35. Ceci consiste en fait à la quatrième étape envisagée en cas de conflit dans le couple. Il nous faudrait donc admettre qu’il soit ordonné à l’étape 3 de frapper sa femme et qu’ensuite, si le désaccord persistait, que l’on fasse appel à une régulation extérieure. Ou bien l’on considère que les coups sont un remède devant précéder la négociation, auquel cas il est plus logique de frapper fort pour calmer toute velléité, ou bien frapper doucement ne pourra qu’amener le désaccord et donc provoquer ce que l’on cherche à éviter. Dans les deux cas l’énoncé de v35 s’inscrit à faux.
 
CONCLUSION

 
Nous aurons d’ors et déjà pu établir deux vols exégétiques essentiels :
 
« Les hommes assument les femmes » versus « les hommes ont autorité sur les femmes. » et « Les femmes vertueuses sont dévouées à Dieu » versus « les femmes vertueuses sont obéissantes à leur mari ».
 

Cette rectification, rigoureusement argumentée, permet de conserver la cohérence du Coran quant à l’égalité parfaite entre les hommes et les femmes et le respect total qui en découle. De même, elle invalide sérieusement la thèse de l’homme coraniquement autorisé à frapper les insoumises.
 De plus, ce rapide survol des difficultés soulevées par la compréhension « classique » de notre verset met en évidence un réseau inextricable de contradictions de niveaux divers. En un premier temps, ceci nous permet de prendre conscience, voire en obtenir certitude, du fait que ce verset ne peut signifier conséquemment que les hommes aient reçu ordre de la part de Dieu de frapper leur épouse quand celle-ci s’oppose à eux. Le Coran ne peut avoir défendu avec clarté et en maints versets l’égalité absolue et la réciprocité de traitement et de considération entre les hommes et les femmes et avoir d’un autre coté soutenu et cautionné un comportement totalement en opposition avec la noblesse de son propos principal.
 
Une analyse objective met donc en évidence les points de blocage et les limites rationnelles de la « lecture » “frappez-les” et doit nous interpeller logiquement. Il n’y a qu’une seule solution possible à cette équation à termes multiples : ce verset ne peut signifier cela, le Coran, d’une façon ou d’une autre, ne peut avoir ordonné de frapper les femmes en cas de conflit conjugal.
 
Ceci étant, et là réside la difficulté restante, le verbe daraba en un tel contexte ne semble pouvoir signifier que frapper. Nous verrons donc au prochain article, plaise à Dieu, quelles solutions rationnelles et sémantiques apporter afin de rétablir en ce verset et sur l’ensemble du propos coranique la cohérence rompue artificiellement par une lecture culturelle imprimée par les hommes au Coran et à leur propre bénéfice.
 
.
 


--------------------------------------------------------------------------------

Cf. Egalité des hommes & des femmes 2.
 
[ii] Hadîth rapporté par Abû Dâwud, Ibn Hanbal.
 

[iii]  Cf. notre article « Point de contrainte en religion. 2 – Réfutation de l’abrogation ; Un colosse aux pieds d’argile. »


A suivre  InchAllah

 Salam Alaykoum
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« Répondre #16 le: Mars 24, 2012, 12:15:57 »
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Salam Alaykoum

Le deuxième volet de cet excellent article qui je l'espère donnera matière a réffléchir  InchAllah

Nous avons précédemment et clairement montré que le Coran attestait explicitement de l’égalité plénière entre l’homme et la femme selon au moins sept niveaux que nous rappelons :
 1- Egalité ontologique, 2- Egalité de valeur, 3- Egalité en la foi, 4- Egalité en religion, 5- Egalité spirituelle, 6- Egalité en la réciprocité, 7- Egalité en société (1).

 Si le Coran énonce que les hommes et les femmes sont intrinsèquement égaux, comment admettre et comprendre que certains autres versets puissent sembler en contradiction avec ce postulat essentiel ? A cet égard, la lecture de S4.V34 est “exemplaire”, nous en avions donné une première traduction standardisée :
 
“ Les hommes ont « autorité » [qawwâmûna] sur les femmes, en raison des faveurs que Dieu accorde à ceux-là sur celles-ci, et aussi à cause des dépenses qu’ils font de leurs biens.
 Les femmes vertueuses sont obéissantes « à leur mari » [qânitât], et protègent ce qui doit être protégé, pendant l’absence de leur époux, avec la protection de Dieu.
 Et quant à celles dont vous craignez la désobéissance [nushûz], exhortez-les, éloignez-vous d’elles dans leurs lits et « frappez-les » [wa-dribûhunna].
 Si elles arrivent à vous obéir, alors ne cherchez plus de voie contre elles, car Dieu est certes, Haut et Grand ! ” S4.V34.


Lecture classique, que l’on le veuille ou non, dont, nous l’avions souligné, ressort un triptyque solidement patriarcal :
 
•Les hommes ont autorité sur les femmes.
 
•Les femmes vertueuses sont celles qui obéissent à leur mari.
 
•Si elles désobéissent, frappez-les.
 

Au volet 1 nous avons fourni des arguments précis démontrant, comme confirmant, que les deux premiers énoncés n’étaient que déviations littérales du texte coranique. Il n’ y avait donc aucune difficulté, à condition de vouloir l’entendre, à comprendre : « Les hommes assument les femmes » versus « les hommes ont autorité sur les femmes. » et « Les femmes vertueuses sont dévouées à Dieu » versus « les femmes vertueuses sont obéissantes à leur mari ».
 
Cependant, le dernier point de ce verset, un bref et sec impératif : « et frappez-les » , est plus délicat à aborder.
 
Ainsi, s’il ne peut y avoir de contradiction dans le Coran : “ Ne méditent-ils donc pas le Coran ? S’il avait été d’un autre que Dieu ils y trouveraient de nombreuses contradictions.” S4.V82 , et si le texte coranique est supposé être explicite  : “ Nous avons fait de ce Livre explicite une lecture arabe afin que vous puissiez le comprendre.” S43.V2-3, comment à la lueur de son enseignement par ailleurs égalitaire et miséricordieux comprendre cet ordre « et frappez-les »  ? Tel est l’enjeu exégétique.
 
Lors de la première analyse de notre verset nous avions fait une quinzaine d’observations qui, au final, mettaient en évidence quatre niveaux de contradiction :
 
Double contradiction coranique :
 
1- Contradiction interne au Coran : l’égalité et le respect prescrit entre les hommes et les femmes ne sont pas compatibles avec le fait de frapper son épouse.
 
2- Contradiction interne au v34  : dès lors que « l’autorité des hommes sur les femmes » et « l’obéissance des femmes à leurs maris » ne sont plus textuellement avérées le fait d’avoir un droit de frappe est indéfendable. De plus, il serait illogique à ce stade de l’échec des négociations (troisième étape indiquée par le Coran) de frapper, même délicatement, l’indocile. Inefficace et encore illogique puisque le Coran précise dans la foulée, v35, de craindre et d’éviter la séparation.
 
Double contradiction de la Sunna :
 
3- Contradiction Coran/Sunna. Le Prophète, le fait est unanimement admis, a en plusieurs hadîth authentifiés interdit de frapper les femmes.
 
4- Contradiction Sunna/Coran le Prophète n’a pas suivi la séquence révélée et lorsqu’il eut à résoudre une crise conjugale il se contenta de rester un mois durant à l’écart jusqu’à ce que le conflit s’apaise de lui-même.
 
Quelles solutions :
 
1- La plus classique : l’injonction wa-dribûhunna signifie « et frappez-les » mais il nous faudrait comprendre qu’il ne s’agirait que de frapper gentiment avec son siwâk ou sa brosse à dent. Nous renvoyons à l’article précédent où nous avons donné les arguments contre cette hypothèse dont, au delà de la légèreté du propos, l’objectif semble avoir été bien plus de conserver un mâle droit que de rétablir la cohérence coranique.
 
2- Il est possible de frapper son épouse en cas de désobéissance ou d’actes graves mais il est préférable dans tous les cas de s’en abstenir. L’on trouve cet avis par exemple chez ar-Râzî (2). Nous émettons les mêmes réserves qu’en supra.
 
En ces deux cas, reconnaître que Dieu ait au final conseillé à l’homme de frapper son épouse en cas de conflit laisse pour le moins songeur… Nous en avons donné les raisons, si tant est qu’il en faille…
 
3- Il faut réellement prendre en compte les incohérences engendrées par ce type de lectures et sortir textuellement du non-sens constaté. Une solution dialectique et simple semble dénouer la problématique : D’une part, le verbe daraba en la locution « wa-dribûhunna » ne peut pas signifier en ce verset « et frappez-les ». D’autre part, il apparaît logiquement que parmi les différents sens possibles de la racine verbale daraba l’expression pourrait être ici : « éloignez-vous d’elles ».(3)

Nous aurions alors pour v34-35 , en cas de conflit conjugal, grave l’enchaînement suivant : 1- Exhortation au bien. 2- Abstention de rapports. 3- Séparation provisoire, éloignez-vous d’elles et non plus “frappez-les”. 4- Appel à des conciliateurs (v35).
 L’ensemble est pédagogiquement et textuellement cohérent, conforme aux énoncés d’égalité et de respect coranique, et correspond à ce qu’enseigna et mit en pratique le Prophète.
 
Mais, l’on pourrait nous objecter qu’il ne s’agit là en réalité que d’un réseau présomptif puisque le verbe daraba est bien connu et que le sens proposé « éloignez-vous d’elles » voulu par cette approche rationnelle n’est pas a priori grammaticalement ou linguistiquement correct, ces analyses ne sauraient par conséquent apporter des arguments décisifs (4). En quelque sorte rien qui ne saurait briser le statu quo. Nous nous proposons donc d’approfondir la question afin d’apporter des éléments de réponse supplémentaires.
 
ANALYSE LINGUISTIQUE
• 1 Un rappel, « wa-dribûhunna » se décompose comme suit : wa = et, -dribû est l’impératif deuxième personne du pluriel du verbe daraba et hunna est le pronom « elles » représentant ici les épouses. Un des sens possibles de daraba est effectivement, « frapper » ce qui pour « wa-dribûhunna » se comprend bien alors « frappez-les ». Cependant, l’on dénombre une quarantaine de sens dérivés pour cette racine verbale, le verbe daraba est un peu comme notre “faire” un verbe à tout faire. Ainsi, l’emploi de ce qui est peut-être le premier degré, c’est-à-dire frapper, n’est-il pas l’usage le plus fréquent en langue arabe. De fait, le Coran emploie ce verbe une soixantaine de fois et, dans deux tiers des cas, en une formule coranique bien connue « daraba mathalan » , parfois curieusement et littéralement traduite par « frapper d’exemple », le sens étant sans conteste : « proposer une parabole ». On note, de plus, dans le Coran, le recours à daraba avec le sens de annuler, humilier, rabattre, mais aussi de parcourir, quitter, séparer, s’éloigner. Enfin, à quatre reprises, daraba signifie frapper une personne, ex : S8.V12 .
 
• 2 Cette polysémie est en arabe en partie commandée, en dehors du contexte et des sens obligatoirement figurés, par l’usage de prépositions comme bi, fî, ‘alâ, ‘an, ilâ. Ainsi, « daraba ‘alâ yadihi », littéralement « il frappa sur sa main », signifie-t-il « il lui retira l’usage de ses biens ». Point important, selon un lointain parallélisme avec la grammaire française, l’on parlera de verbe intransitif lorsque l’usage impose une de ces prépositions et de verbe transitif lorsqu’il s’en dispense. Or, daraba, pour pouvoir indiquer une idée de mouvement a généralement besoin de ces prépositions, par exemple : daraba ilâ, il s’élança, daraba fî, il parcouru, et daraba ‘an, il s’éloigna. Donc, en arabe classique, wa-dribûhunna [ وآ ضر بوهن], sans préposition, état transitif, se comprend dans le contexte de ce verset « frappez-les » et pour obtenir le sens proposé « éloignez-vous d’elles » il faudrait dire [ وآضربوا عنهن ] wa-dribû ‘an-hunna en usant de la préposition ‘an, état intransitif. Ceci semblerait donc invalider notre hypothèse.
 
• 3 En réalité, il n’y a pas de verbes transitifs qui ne puissent être intransitifs et inversement, le fait est bien connu des grammairiens.
 En voici un exemple coranique, toujours avec le verbe daraba. Il s’agit d’un véritable hapax : en S18.V11 nous notons l’emploi intransitif du verbe daraba signifiant frapper, usage normalement transitif. On y lit : « darabnâ ‘alâ âdhânihim » ce qui se traduit mot à mot : « Nous frappâmes sur leurs oreilles » action qui normalement, en arabe, se dit : « darabnâ âdhânahum » sans le recours à la préposition ‘alâ, « sur ». Les encyclopédies de la langue arabe donnent le sens de cette « curiosité » à partir d’un autre hapax, un unique hadîth où cette curieuse formule est prise pour une métonymie indiquant le sommeil, nawm. Malgré tout, l’expression n’étant ni grammaticalement normale ni vraiment normalisée, les commentateurs du Coran et les traducteurs ont en fonction de l’idée suggérée dans ce passage de sourate « al kahf » fait plusieurs propositions : « Nous avons assourdi leurs oreilles », ou « Nous fîmes le silence à leurs oreilles », « Nous les avons abasourdis », ou encore “Nous les plongeâmes dans un sommeil profond » (5). Le fait ici d’avoir employé la préposition ‘alâ, là où l’on ne l’attendait pas, a induit une compréhension différente de celle liée à l’usage normal du verbe daraba.
 
a suivre ......... InchAllah


 Salam Alaykoum
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fathéma
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« Répondre #17 le: Mars 24, 2012, 12:59:54 »
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 Salam Alaykoum

 MachAllah  Baraka Allahou Fik akhy lkarim Abdallah pour tes partages et le temps que tu nous consacre sur le forum
 MachAllah Baraka Allahou Fik et qu'Allah swt t'en rende grâce et te rétribut de la meilleur des rétributions

WA ALAYKOUM SALAM
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« Répondre #18 le: Mars 24, 2012, 15:19:22 »
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 Salam Alaykoum
 Baraka Allahou Fik  mon frére  Abdellah 
pour  ce  partage   
 MachAllah
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« Répondre #19 le: Mars 24, 2012, 18:33:32 »
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bismillah,                    Salam Alaykoum wa Rahmatoulahi wa Barakatouh chers  Rire Mouslim et  Sourire Mouslimabaraka2baraka Abdellah,pour cet apport de connaissances, et d'explications qui remettent " les choses à leur place " et une place à chaque chose .



                                                                       Que cette lecture nous soit bénéfique  et qu' allah SWT t'en récompense.


                                                                                                                       Salam Alaykoum












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« Répondre #20 le: Mars 24, 2012, 18:50:15 »
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Salam Alaykoum

Mes chères soeurs que Dieu vous benisse

En réalité ,je n'ai aucun mérite car je ne fais que rapporter les articles de notre frère Al ajami dont je suis bien content qu'il puisse rétablir certaines vérités

ainsi continuons  InchAllah  Rire Mouslim

• 4 Seul l’usage détermine la prépondérance de tel ou tel état du verbe. Les règles que nous considérons par convention intangibles ne l’ont pas toujours été et l’usage transitif d’un verbe intransitif est possible en langue arabe préclassique où la régularité n’est pas de mise. L’arabe n’a jamais été une langue figée pour l’éternité ; elle a un passé, le Coran en témoigne, et un avenir, le présent l’atteste d’ors et déjà. Les critères académiques de la langue arabe ont été déterminés seulement à partir du IIe siècle de l’Hégire et il fut fait un grand effort de régularisation d’une réalité linguistique bien plus complexe et instable. Cette systématisation a abouti à la fort heureuse fixation de la langue arabe, dite par convention arabe classique. Cependant, il faut le répéter, l’arabe coranique, même s’il servit incontestablement de référent, ne peut être superposé à la langue arabe classique. Les “anomalies” grammaticales du Coran, c’est-à-dire les particularités antérieures à la normalisation, se comptent par centaines et de nombreux ouvrages sont consacrés à ces singularités coraniques.
 
Dans le cas qui nous intéresse, l’emploi de wa-dribûhunna (état transitif) au lieu de l’état intransitif normalisé wa-dribû ‘an-hunna n’est donc pas une impossibilité linguistique.
 
L’on pourrait, qui plus est, faire observer qu’en wa-dribûhunna l’absence de la préposition ‘an, dite préposition d’éloignement ou de séparation, permet d’indiquer à « l’oreille sémite » que l’éloignement préconisé se doit d’être moindre. Comme s’il ne devait pas y avoir de cassure, seulement une position de retrait momentané émanant dans ce cas précis de l’homme par rapport à son épouse. Tel est bien ce que fît le Prophète, nous l’avons indiqué.
 
• 5 Nous avions montré que l’égalité homme/femme dans le Coran impliquait l’équité, la réciprocité, et la complémentarité, il nous en est offert ici un exemple. Le Coran n’envisage pas que le cas de “l’épouse indocile” mais aussi, en la même sourate, la situation inverse où l’homme est impliqué selon les mêmes perspectives : “ Si une femme craint de son mari infidélité [nushûz] ou qu’il s’éloigne [i‘râd] ; il ne leur sera pas alors fait grief de rechercher la conciliation. La réconciliation est ce qui est préférable car les âmes sont portées à l’avidité…” S4.V128.
 

Ce verset est bien l’équivalent des v34-35 mais cette fois c’est le comportement du mari qui est fautif. L’on y retrouve la même cause un « nushûz » et, comme en résumé, la notion d’éloignement suivie de la préférence à donner à la conciliation. Ainsi le terme i‘rad apparaît-il ici être le symétrique ou le correspondant de l’action indiquée en fin de v34 par wa-dribûhunna avec incontestablement alors le sens de éloignez-vous d’elles. En effet, Le mot i‘rad signifie délaissement, le fait de se détourner, éloignement (6), ce qui est très proche de l’idée exprimée par l’usage de wa-dribûhunna sans la préposition de séparation ‘an comme nous l’avions ci-dessus fait observer.
 
• 6 A propos du terme nushûz, que nous avions traduit jusqu’à présent par désobéissance, nous signalerons la rigueur et la précision coranique, ici au profit de l’égalitarisme et, indirectement, comme preuve quasi inconsciente du machisme ambiant. En effet, le mot nushûz n’apparaît dans le Coran qu’en ces deux seuls versets, v34 et v128 . La symétrie est remarquable et l’on s’attendrait à ce que le nushûz des unes soit celui des uns. Or, une rapide revue des principales traductions met en évidence un net déséquilibre. Pour le nushûz attribué à la femme au v34 et le nushûz attribué à l’homme au v128 l’on note respectivement selon les traducteurs les couples suivants  : infidélité/abandon ; désobéissance/abandon ; insubordination/ hostilité ; insoumission/désaffection ; indocilité/rudesse ; rébellion/dureté ; inconduite/hostilité ; malversation/maltraitement, etc. Nous laisserons tout un chacun et chacune juge du différentiel.
 
Nous ajouterons que les dictionnaires, écrits par les hommes, se font eux aussi témoins de ce « partage des rôles », mais nous aurons compris que le Coran utilisant ce terme uniquement en ces deux versets symétriques conférait à nushûz un seul et même sens (7). Plus prosaïquement, la diversité de ces propositions de traduction met en évidence la difficulté à rendre en français ce mot dont la racine nashaza évoque le fait de se dresser, s’ériger, se soulever. C’est donc malgré tout par défaut que nous traduirons nushûz par hostilité : « celles dont vous craignez hostilité [nushûz] » v34 et « Si une femme craint de son mari hostilité [nushûz] » v128.

Enfin, nous ajouterons que nushûz, outre un sens vague, est en ces deux versets employé au cas indéterminé nushûzan. Cette imprécision coranique semble voulue car il ne s’agissait pas là de délivrer une recette à appliquer pour un cas bien déterminé. Bien au contraire, ces versets indiquent seulement une ligne de conduite à suivre pour tenter de résoudre des conflits, sans autres précisions ; et Dieu seul sait que pour tout couple ils sont d’ordres divers, de l’anodin à l’intolérable.
 
En résumé :
 
L’analyse littérale avait mis en évidence qu’un texte en apparence explicite, S4.V34 , soulevait de nombreux problèmes de cohérence, nous les avons listés précédemment. Les quelques réflexions linguistiques que nous venons de suivre laissent apparaître qu’une situation sémantique qui semblait univoque n’était pas s’en laisser des espaces de sens pouvant être utilisés pour rectifier le sens du verset vers plus de cohérence et de cohésion coranique. Bien plus, rien n’interdit de comprendre que cette possibilité était première mais qu’elle a été oblitérée par une projection de sens initial considéré de facto comme classique.
 

CONCLUSION
 
Il découle de ce qui précède que rien n’interdit en un usage possible de la langue arabe coranique tout comme en fonction du contexte de l’ensemble concerné de comprendre et traduire le syntagme wa-dribûhunna par : « éloignez-vous d’elles » et non pas : « frappez-les ».
 
On peut donc lire ainsi ce passage :
 
“ Les hommes assument [qawwâmûna] les femmes […]
 Les femmes vertueuses [qânitât] sont dévouées à Dieu [...]
 Quant à celles dont vous craignez l’hostilité [nushûz], exhortez-les, puis faites lit à part et, enfin, éloignez-vous d’elles [wa-dribûhunna] […] Et si vous craignez le désaccord entre les deux faites alors appel à un arbitre de la famille de l’époux et un de la famille de l’épouse. Si le couple souhaite au fond la réconciliation, Dieu rétablira l’entente entre eux…” S4.V34-35.

Ce verset se lit avec son symétrique et complément :
 

“ Si une femme craint de son mari hostilité [nushûz] ou qu’il s’éloigne ; il ne leur sera pas alors fait grief de rechercher la conciliation. La réconciliation est ce qui est préférable car les âmes sont portées à l’avidité…” S4.V128.

L’ensemble est à présent cohérent, il ne contredit pas les principes d’égalité, de réciprocité, d’équité, de respect, par ailleurs édictés par le Coran. De même, il confirme et renforce les paroles comme les actes du Prophète en la matière. La proposition coranique ne dépend plus d’une vison ethnocentrique et devient rationnellement acceptable. Ce que la compréhension traditionnelle avait rompu est ainsi rétabli.
 
Par l’étude de ce verset, chacun aura pu se rendre compte que la lecture d’un texte, est largement dépendante des préjugés qui nous animent. Etre détenteur d’un texte sacré, en lui-même porteur d’une vérité absolue, ne garantit pas en soi aux hommes de détenir cette vérité. Nous possédons certes le Texte mais tout texte n’est qu’une série de mots. En réalité, le crédit d’une telle référence est fonction du niveau de valeur morale et de rigueur intellectuelle de ceux qui le lisent, y exercent leur compréhension et par suite le mettent en application. Tout lecteur est potentiellement interprétateur mais il doit être conscient de cette différence qualitative afin de lutter contre sa propre tendance herméneutique. Ainsi, et seulement ainsi, pourra-t-il faire en sorte que sa participation soit ouverture intellectuelle.
 
Nous n’aurons de cesse de militer pour une rupture du cercle herméneutique, notre méthodologie d’analyse littérale vise uniquement à cela, c’est-à-dire tenter d’approcher le texte révélé en court-circuitant nos préjugés de lecteurs. Nous savons pertinemment que fronts d’oppositions, conservatismes comme modernismes, pourront nous reprocher en retour d’être pire encore que l’interprétateur. Nous avons pour nous les arguments tangibles que notre approche épistémologique produit et que nous soumettons à l’observation et au jugement du lecteur. A vrai dire, aussi, les actes ne valent que par l’intention, et Dieu seul connaît les nôtres.
 
Face à quatorze siècles d’histoire exégétique du Coran que valent quelques voix qui en ces temps tentent de se faire entendre. Nous n’aurons donc pas la prétention ni la folie de vouloir effondrer l’ordre établi par les hommes sur la « Parole de Dieu », tout au plus aurons-nous osé rompre le silence et proposer à ceux qui veulent l’entendre un autre écho du Livre.
 
Le Coran, quant à lui, est porteur d’un message de paix, de tolérance, et d’amour, mais il n’est pas sûr que les hommes soient tous prêts à défendre ce même idéal. Ce modèle nous est ici proposé en faveur du couple ; noble appel à la mise en œuvre de ce triptyque d’où découlent respect, protection mutuelle, patience, dignité.
 
Concernant cette étude, nous avions donné en « Que dit vraiment le Coran » cette conclusion : « Conformément à ce message coranique, le Prophète Muhammad a inlassablement exhorté les hommes à se débarrasser de leurs préjugés sexistes et à ce que, pour Dieu, ils s’amendent et se réforment afin de créer, hommes et femmes, croyants et croyantes, une société idéale sans haine et sans ségrégation. » Lorsque l’on demanda à Aïsha quel était le comportement du Prophète, elle répondit : « Son comportement était le Coran. » (Cool
 
Notes :
 
(1) Egalité des hommes & des femmes – 2.
 
(2)Ar-Râzî cite aussi sur ce point l’imam ash-Shâfi‘î précisant que, malgré tout, celui qui frapperait sa femme devrait répartir les coups sur tout le corps en évitant la face et devrait se limiter à moins de 40 coups. D’autres shaféites pensent qu’il ne faut pas dépasser vingt coups puisque ce nombre correspond chez eux au châtiment de l’esclave… en guise de tout commentaire l’on appréciera la rigueur logique…
 
(3)Telle est la solution que nous avions argumentée en « Que dit vraiment le Coran » première édition 2008. Il a été par ailleurs proposé de retenir comme sens possibles pour daraba : l’éloignement, la cessation des relations, la mise à l’écart, In : Asmâ’ Lamrabit « al qur’ân wa-n-nisâ’ » publié en 2010 citant sur ce point le livre du Dr Abdel Hamîd Ahmad Abû Sulaymân : « darb al mar’a, wasilatu lihal al khilâfât az-zawjyya » paru en 2002. Nous n’avons pas eu accès aux arguments précis de l’original.
 
(4) Ceci est patent et explique qu’en l’ensemble des traductions nous trouvions encore la mention « et frappez-les » alors même que certains traducteurs comme Jacques Berque ou Muhammad Asad avaient rectifié les sens de « qawwâmûna » et « qânitât » en « Les hommes assument les femmes » et « Les femmes vertueuses sont dévouées à Dieu ».
 


(5) Ceci correspond à la lecture des classiques mais l’emploi “irrégulier” de la préposition ‘alâ a retenu l’attention des commentateurs modernistes ou scientistes, ces derniers ayant poussé l’indication jusqu’à vouloir trouver ici une subtilité miraculeuse, la science ayant montré que dans les comas il y avait une sidération [darb] de l’oreille interne… sans commentaire.
 
(6) Traduction établie en fonction d’un hadîth rapportant l’explication contextuelle de ce verset par Aïsha. Hadîth rapporté par Al Bukhârî.
 
(7) Le professeur Hamidullah avait quant à lui respecté l’équité comme la symétrie et traduit en ces deux versets le terme nushûz par infidélité. Il donne cependant à ce terme le sens de adultère ce qui n’est pas du tout indiqué dans le texte ni le contexte ou l’étymologie. Toutefois, sa traduction pourrait être conservée en donnant au terme infidélité un de ses sens courants : qui ne tient pas ses engagements, ses devoirs, sa fonction, c’est-à-dire : se dresse contre l’autre au lieu de l’épauler.
 
(8)Hadîth authentifié rapporté par Ibn Hanbal.

 Salam Alaykoum
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fathéma
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« Répondre #21 le: Novembre 26, 2012, 08:52:21 »
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Salam Alaykoum wa Rahmatoulahi wa Barakatouh

Machaa Allah wa barak Allahou fik mon frère Abdallah
Alhamdou Lillahi kathira wa qu'Allah nous accorde son Paradis


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« Répondre #22 le: Septembre 09, 2013, 16:08:43 »
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 bismillah

 Salam Alaykoum wa Rahmatoulahi wa Barakatouh

 MachAllah  El Hamdoulilah, c'est vraiment enrichissant et très intéressant  MachAllahSoubhan' Allah ! Qu'Allâh vous récompense ma très chère sœur en Allâh  Fathéma  Kiss Kiss Kiss ainsi que mon cher frère en Allâh Abdellah pour ce sujet et tous vos partages  MachAllah ! De nos jours on entend de tout avec une société tellement ignorante que parfois on a l'impression de vivre au moyen âme tellement certains hommes sont injuste mais bon El Hamdoulilah, Allâh  Razza wa jal est toujours là pour défendre ces créatures DE TOUT INJUSTICE  Soubhan' Allah   El Hamdoulilah  Allahou Akbar
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Al Hamdulillâh

   

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