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Auteur Fil de discussion: *Les terres de la Mecque, de Médine, de Shâm et du Yémen - "Il ne cessera d'y ..  (Lu 9563 fois)
0 Membres et 1 Invité sur ce fil de discussion.
safa-marwa
Invité
« le: Juillet 07, 2010, 10:16:54 »
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 Salam Alaykoum

                Les terres de la Mecque, de Médine, de Shâm et du Yémen - "Il ne cessera d'y avoir un groupe de ma Umma qui sera sur la vérité"



Dans les hadîths on découvre des vertus particulières attachées à certaines terres. Ci-après quelques lignes sur le sujet...

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A) La Mecque, Médine, Shâm et le Yémen :

C'est la cité de la Mecque qui est la terre la plus aimée de Dieu. Le Prophète (sur lui la paix) n'a-t-il pas dit, s'adressant à sa ville natale : "Par Dieu, tu es, de toute la terre de Dieu, la meilleure, et, de toute la terre de Dieu, la plus aimée de Dieu. Si je n'avais pas été exilé de toi, je ne serais pas parti" (at-Tirmidhî 3925, voir aussi 3926). Accomplir une prière dans la Mosquée al-Harâm qui se trouve autour de la Kaaba vaut cent mille prières faites ailleurs sur terre.

Après la Mecque, la terre ayant le plus de valeur est celle de Médine : "O Dieu, fais-nous aimer Médine comme nous aimons la Mecque, ou plus encore (…)" a dit le Prophète (al-Bukhârî, Muslim). "Il ne restera aucune ville que ad-Dajjâl ne foule, excepté la Mecque et Médine" (al-Bukhârî, Muslim). "Le Yémen sera "ouvert" : des gens viendront alors "en se pressant" [c'est l'une des traductions possibles du terme "yubissûn" / "yabussûn"], ils transporteront leurs familles et ceux qui les suivront, alors que Médine est meilleure pour eux s'ils savaient. La Syrie sera "ouverte" : des gens viendront alors "en se pressant", ils transporteront leurs familles et ceux qui les suivront, alors que Médine est meilleure pour eux s'ils savaient. L'Irak sera "ouvert" : des gens viendront alors "en se pressant", ils transporteront leurs familles et ceux qui les suivront, alors que Médine est meilleure pour eux s'ils savaient" (al-Bukhârî, 1776, Muslim, 1388 ; voir FB 4/119-120). Le propos de Ibn Taymiyya selon lequel s'installer ailleurs qu'à la Mecque et à Médine peut être meilleur eu égard à certaines circonstances, et que nous avons relaté dans un autre article, ne contredit nullement ce hadîth : le propos de Ibn Taymiyya parle de circonstances qui rendent possible la réalisation de meilleures actions que celles pouvant être faites à la Mecque ou à Médine ; tandis que ce Hadîth parle de personnes qui auront quitté Médine non pas pour se rendre dans un lieu où elles pourraient faire de meilleurs actions, mais pour se rendre dans un lieu où règnera une meilleure situation matérielle (ceci est explicitement affirmé dans la version rapportée par Ahmad, 21407, également citée dans FB 4/120) : ceci est bien entendu autorisé, mais ne constitue pas une action de haute valeur spirituelle et morale (Ibn Taymiyya a également évoqué ce point : MF 27/47).

Après Médine, c'est la terre de Shâm qui a le plus de valeur. Shâm est le nom que les Arabes donnaient autrefois à toute la région occidentale du Croissant fertile, région qui recouvre les territoires actuels de Syrie, Liban, Etat d'Israël, Palestine occupée par celui-ci, Territoires palestiniens, et d'une partie de la Jordanie. Des hadîths existent qui conseillent ash-Shâm dans la perspective dont nous traitons sur cette page : "L'affaire en viendra à ce que vous serez plusieurs groupes constitués : un groupe à ash-Shâm, un groupe au Yémen et un groupe en Irak. – Choisis pour moi, ô Messager de Dieu, si je parviens à cette (situation). – Choisis ash-Shâm, car elle est ce que Dieu a choisi de Sa terre, Il y attirera ceux qu'Il a choisis parmi Ses serviteurs. Si vous refusez, alors choisissez le Yémen. Et donnez à boire de vos bassins. Dieu a pris la garantie pour moi de ash-Shâm et de ses habitants" (Abû Dâoûd 2473, traduction de "junûdan mujannada" d'après 'Awn ul-ma'bûd). Ce hadîth est à comprendre comme signifiant que ash-Shâm est la terre choisie de Dieu après celle de la Mecque et de Médine, conformément aux autres hadîths plus haut évoqués : d'ailleurs il a parlé de choisir Shâm face au Yémen et à l'Irak, et non face au Hedjaz (par contre il se peut que choisir Shâm ait plus de vertu que de demeurer à la Mecque ou à Médine, mais cela à cause d'une circonstance particulière – li 'âridh – ; cliquez ici pour en savoir plus).

Le hadîth cité ci-dessus en dernier comporte aussi cette phrase : "Si vous refusez, alors choisissez le Yémen", ce qui montre que après ash-Shâm, c'est la terre du Yémen qui a le plus de valeur. Le Prophète a dit par ailleurs : "O Dieu, bénis pour nous notre Shâm ! O Dieu, bénis pour nous notre Yémen !" (al-Bukhârî), et "La foi est yéménite, la sagesse est yéménite" (al-Bukhârî, Muslim).

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B) "Il ne cessera d'y avoir un groupe de ma Umma qui sera sur la vérité" :

Ce propos a été tenu par le Prophète (sur lui la paix), qui a dit : "Lâ tazâlu tâ'ïfatun min ummatî 'ala-l-haqq, lâ yadhurruhum man khâlafahum hattâ ya'tiya amr ullâh" (Abû Dâoûd 4252, at-Tirmidhî 2229). Dans la plupart des versions on lit en plus le terme "zâhirûn", ce dont une des deux traductions relatées par Ibn Hajar est : "se montrant ouvertement" (FB 13/360). Dans certaines versions on lit même : "yuqâtilûna 'ala-l-haqq", ce qui indique que parfois il s'agira, pour être sur la vérité, de combattre les ennemis agresseurs ; cela n'est cependant pas une condition systématique en tout temps, tout lieu et toute circonstance, puisque an-Nawawî a écrit que ce hadîth parle non d'un groupe isolé mais de l'ensemble des croyants agissant pour la vérité (FB 13/361). Dans une autre version on lit d'ailleurs : "qâ'ïmatan bi amr-illâh", dont une des interprétations est : "mutamassikatan bi dînih" (Mirqât 11/465). "Etre sur la vérité", ici, ne désigne pas seulement le fait d'être sur la foi que Dieu agrée, c'est-à-dire désormais depuis la venue de Muhammad (sur lui soit la paix), la foi en l'unicité de Dieu et l'adhésion à son dernier message ; "être sur la vérité" signifie également ne pas dévier de l'orthodoxie (donc ne pas faire partie des firaq dhâlla), et ne pas être dans l'erreur claire dans une de ses positions, surtout lors d'une opposition entre musulmans.
Les mots "Hattâ ya'tiya amr ullâh", présents dans ce hadîth, ne peuvent pas désigner "la fin du monde" puisqu'au moment précis où celle-ci se produira, nul musulman ne sera plus vivant sur terre, comme l'a dit un autre hadîth. Ces mots désignent en fait le moment situé avant la fin du monde où un vent soufflera qui fera mourir tout musulman de la terre. Dès lors, la version "hattâ taqûma-s-sâ'ah" signifie "hattâ tushrifa-s-sâ'ah, bi wujûdi ahadin min âkhiri ashrâtihâ" (cf. FB 13/351).

Quant à la version où on lit "jusqu'à ce que vienne amr ullâh et que Jésus fils de Marie descende" (Ahmad 19350), "amr ullâh" y désigne un moment quelque peu antérieur encore à la venue de ce vent et de la disparition des musulmans : il s'agit de la manifestation de la Décision de Dieu de faire redescendre Jésus.
Ce hadîth parlant de la descente de Jésus ne contredit pas le précédent, puisque le précédent incluait la période suivant immédiatement la venue de Jésus, et voulait dire que jusqu'à cette période-là il y aura un groupe qui sera sur la vérité (cependant que lorsque Jésus aura réalisé son action, de même qu'immédiatement après son décès, la vérité apportée par Muhammad sera concrétisée). Ce hadîth-ci, lui, veut rappeler qu'il ne faut pas croire que, jusqu'au moment de cette venue de Jésus, la vérité aura disparu de la surface de la terre ; tout au contraire, depuis le moment où le Prophète aura quitté ce monde jusqu'au moment de la réalisation complète de ses enseignements par Jésus, un groupe demeurera qui sera sur la vérité.

suite ci dessous
« Dernière édition: Juillet 07, 2010, 10:17:43 par Zahiya » Journalisée
convertie38
Invité
« Répondre #1 le: Juillet 07, 2010, 11:11:22 »
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   bismillah

 Salam Alaykoum wa Rahmatoulahi wa Barakatouh

  oukhty angel4 pourrait-tu apporter les sources Wink

 Salam Alaykoum wa Rahmatoulahi wa Barakatouh
Journalisée
safa-marwa
Invité
« Répondre #2 le: Juillet 07, 2010, 11:14:59 »
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 Salam Alaykoum


source;www.maison-islam.com/
Journalisée
convertie38
Invité
« Répondre #3 le: Juillet 07, 2010, 11:15:48 »
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   bismillah

 Salam Alaykoum wa Rahmatoulahi wa Barakatouh

  baraka pense à les mettre à chaque fois Wink

 Salam Alaykoum wa Rahmatoulahi wa Barakatouh
Journalisée
safa-marwa
Invité
« Répondre #4 le: Juillet 07, 2010, 13:15:22 »
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suite


B.1) "Où se trouvera ce groupe ? demanda-t-on au Prophète.  Il répondit : "A Jérusalem ("Bayt ul-maqdis") et aux alentours de Jérusalem" (Ahmad 21816). Ibn Hajar explique cela en disant que ce hadîth parle de "ceux que ad-Dajjâl  assiègera après être apparu" (FB 13/360). Semble aller dans le même sens le hadîth où on lit que ce groupe se trouvera "aux portes de Damas et alentour, et aux portes de Jérusalem et alentour" (at-Tabarânî, FB 13/361). Il semble donc que ces hadîths-ci parlent d'un moment précis, quand ad-Dajjâl sera déjà apparu et que, face à son armée qui fera le forcing à Shâm, un groupe de musulmans résistera militairement. D'ailleurs d'autres hadîths mentionnent la même chose avec al-Mahdî, avant même l'apparition de ad-Dajjâl : ce sera à Shâm que la défense de l'islam sera alors assurée (Abû Dâoûd, 4298).
Voici une parole du Prophète qui évoque ceci de façon globale : "Alors que je dormais, j'ai vu que le pilier du Livre a été emporté de dessous ma tête ; j'ai pensé qu'il disparaîtrait, et je l'ai suivi de mon regard ; il a été dirigé vers Shâm. Ecoutez : Lorsque les troubles se produiront, la foi sera à Shâm" (Ahmad 21226, FB 12/503). "Le pilier du Livre" / "Le pilier de l'islam" (d'après une autre version) désigne, selon Ibn Taymiyya, "ceux qui portent le Coran et l'islam" (MF 27/42) ; quant à la formule "La foi" ici employée, signifierait-elle "la force de la foi" ? Ibn Taymiyya a écrit : "L'islam, au début, sa présence au Hedjaz était plus grande [qu'ailleurs]. (…) Et l'islam, à la fin du temps, sera plus présent à Shâm. Et comme la Mecque est meilleure que Jérusalem, la première partie de cette Umma est meilleure que sa dernière partie" (MF 27/43-44).

B.2) Il y a un hadîth qui dit qu'un feu apparaîtra et qu'il avancera au point que les gens alors présents devront s'enfuir devant lui ; il s'agira alors de se réfugier à Shâm (at-Tirmidhî 2217). Ceci concerne l'ultime signe ou l'un des ultimes signes avant que l'Ange souffle dans le Cor et que le monde connaisse alors sa fin. Ce propos du Prophète demandant de se rendre alors à Shâm est dû au fait que le feu orientera tout le monde vers Shâm (cf. le hadîth rapporté par Ahmad 19509). Cela est donc différent de ce dont nous parlons sur cette page. Est-ce que l'apparition de ce feu aura lieu avant ou bien après celle du vent faisant mourir tout croyant (et évoqué en Muslim 117, 2907, 2940) ?
– Si ce feu apparaîtra avant ce vent, alors des musulmans aussi devront se réfugier à Shâm pour fuir ce feu, et c'est ensuite, quand tout le monde sera à Shâm, que le vent soufflera qui fera mourir les musulmans parmi tous les hommes là-bas présents.
– Par contre, si le feu apparaîtra après ce vent, cela implique qu'il n'y aura alors plus que des kâfirs présents sur terre, et ce sont eux qui devront se réfugier à Shâm pour fuir le feu.

Apparemment le feu apparaîtra en tout dernier, après le vent : c'est ce que laisse apercevoir le hadîth disant que ce feu sera "le premier signe de la fin du monde" ("Ammâ awwalu ashrât is-sâ'ah, fa nârun…" : al-Bukhârî 3151) : Ibn Hajar a écrit qu'il s'agit du "premier signe" "dans le sens où il s'agit du premier des signes après lesquels il n'y aura plus rien du tout des choses de ce monde et qu'au contraire, au moment où il se terminera, le retentissement du cor se produira" (FB 13/103). Cependant, ailleurs Ibn Hajar a également écrit que "le dernier signe annonçant la fin du monde est le fait que ce vent soufflera" (FB 13/107). Wallâhu A'lam (Dieu sait mieux). Prière aux frères et sœurs compétents de me faire part de leurs connaissances sur le sujet. En tout état de cause, ce point concernant Shâm n'est pas lié au sujet de cette page.

B.3) A part ces hadîths relatifs à cet ultime signe de la fin des temps (et cités en B.2) et à part les hadîths relatifs au temps de l'apparition de ad-Dajjâl et au temps précédent cette apparition (hadîths cités en B.1), d'autres hadîths existent qui évoquent le fait que, en d'autres moments aussi, antérieurs à ces temps, Shâm jouera un rôle de premier plan dans la défense de l'islam. Ainsi, après avoir relaté le hadîth "Un groupe de ma Umma ne cessera…", Mu'âdh ibn Jabal dit : "Ils sont à Shâm" (al-Bukhârî 3442, 7022).
Un autre hadîth dit : "Lâ yazâlu ahl ul-gharb zâhirîn 'ala-l-haqq hattâ taqûma-s-sâ'ah" (Muslim 1925). Or, exactement comme l'Est ("al-mashriq"), mentionné dans d'autres hadîths, désigne l'Irak (FB 13/18, 58-59, SAS 5/653-655) (comme d'ailleurs "Najd", présent dans d'autres hadîths, désigne aussi l'Irak : cf. FB 13/58-59, ou le Nadjd et l'Irak), d'après une des interprétations, "al-gharb", ici évoqué, désigne Shâm. Comment peut-on le dire ? Ibn Taymiyya écrit : "Le Prophète a prononcé ce propos à Médine ; l'ouest par rapport à lui [= le Prophète] est donc ce qui est à l'ouest par rapport à elle [= Médine] ; et l'est par rapport à lui est donc ce qui est à l'est par rapport à elle" (MF 28/531). "L'extrémité de Shâm auprès de l'Euphrate se trouve à la même longitude que Médine" (MF 4/446) ; "tout ce qui est à l'est de ce qui se trouve face à Médine constitue donc "l'Est de Médine", et tout ce qui est à l'ouest de ce qui se trouve face à Médine constitue donc "l'Ouest de Médine"" (MF 27/42). "Les gens de Médine appelaient les gens de Shâm : "les gens de l'Ouest"" (MF 4/446, 28/531), "et ils appelaient les gens du Nadjd et de l'Irak : "les gens de l'Est"" (MF 28/531). De plus, "le Nadjd et l'Irak sont le début de l'est [par rapport à Médine] ; aussi tout ce qui est à l'est d'eux appartient à l'Est ; et tout ce qui se trouve à l'ouest de Shâm, comme l'Egypte etc., appartient à l'Ouest" (MF 28/532).

Cela signifie-t-il que, depuis le moment où elle a fait partie de la Dâr ul-islâm jusqu'au moment où Jésus redescendra, tous les gens de Shâm seront toujours sur la vérité ?

La réponse est négative. Déjà il faut noter que, comme nous l'avons déjà dit plus haut, selon an-Nawawî, le hadîth parlant du fait d'"être sur la vérité" ("'ala-l-haqq") pourrait évoquer l'ensemble de ceux qui agissent pour la vérité, c'est-à-dire des personnes musulmanes dotés de différents types de compétences (FB 13/361) ; dès lors, ces personnes étant forcément disséminées sur terre, le groupe se trouvant sur la vérité ne peut être exclusivement à Shâm. Tout ceci concerne le fait d'"être sur la vérité" ("'ala-l-haqq"), ce qui ne nécessite pas toujours le recours légitime aux armes. De même, pour ce qui est de "combattre pour la vérité" ("yuqâtilûna 'ala-l-haqq"), présents dans les versions parlant de Shâm, et qui concerne les occasions de recours légitime aux armes (cliquez ici et ici), Ibn Taymiyya a écrit que cela évoque la plupart et non la totalité des gens de Shâm, de même que la plupart et non la totalité des situations (MF 4/448) ; en toutes circonstances, certains gens de Shâm peuvent ne pas être ainsi ; de même, dans certaines circonstances, la majorité des gens de Shâm peuvent ne pas être ainsi. Ceci explique que conformément à ce qu'annonçaient d'autres hadîths, ce fut 'Alî qui avait raison face à Mu'âwiya : à ce moment-là, les gens de Shâm constituaient une "tâ'ïfa bâghiya" et non une "tâ'ïfa tuqâtilu 'ala-l-haqq" (MF 4/447-449) (lire notre article sur le sujet).

Par contre, ces hadîths évoquent bien une particularité de Shâm : en de plus nombreuses occasions que les autres régions des terres d'Islam, et avec plus de succès, les gens de Shâm se révèleront être les défenseurs de l'Islam ; Ibn Taymiyya écrit que les hadîths faisant les éloges de Shâm parlent d'"une qualité dont ne bénéficie pas autre que Shâm parmi toute la terre d'Islam" (MF 4/449). Ainsi, pour Ibn Taymiyya il n'y a pas de doute que la situation de son époque (il a vécu la fin du 7ème siècle hégirien / XIIIème siècle grégorien, ainsi que le début du siècle suivant) constituait une de ces occasions où se concrétisait cette particularité évoquée par le Prophète : c'étaient les Mamelouks, qui dirigeaient la Syrie et l'Egypte, qui avaient refoulé les Croisés et arrêté l'expansion mongole (cf. MF 28/531-534). Au Hedjaz, écrit-il, "les gens de foi et de dîn sont en situation de faiblesse et d'impuissance ; la force et la puissance n'appartiennent, en ce moment en ce pays [le Hedjaz], qu'aux autres que les gens d'islam" ; et Ibn Taymiyya de dresser le constat des autres régions de la Dâr ul-islâm à son époque pour arriver à la même conclusion (MF 28/533). Lire un autre article sur le sujet.

-
C) "Le dîn prendra au Hedjaz un refuge, comme le mouflon prend un refuge au sommet de la montagne" :

D'autres hadîths se lisent ainsi : "La foi se rassemble ("la-ya'rizu") à Médine (…)" (al-Bukhârî 1777, Muslim 147) ; "La foi se rassemble entre les Deux Mosquées" (Muslim 146). "Assurément le dîn prendra au Hedjaz un refuge ("la ya'qilanna…")" (at-Tirmidhî 2630).

Pour al-qâdhî 'Iyâdh et Ibn Hajar, il s'agit d'un rassemblement présent à toutes les époques, puisque depuis l'émigration du Prophète dans cette ville, elle est le lieu de convergence des pieux : du vivant du Prophète, c'était pour le voir et recevoir de lui les enseignements de l'islam ; après son décès et quand la connaissance était surtout concentrée là-bas, c'était pour la recueillir ; par la suite, ce fut pour prier dans sa mosquée et visiter sa tombe (ShM 2/177, FB 4/121).

Alî al-qârî, lui, traduit "ya'rizu" par "se réfugiera" (Mirqât 1/234). Il écrit également que "la foi" désigne ici "les gens de la foi", c'est-à-dire les musulmans. Et il relate deux explications :
– soit ce hadîth désigne ce qui se passait à l'époque du Prophète précisément ;
– soit il parle de ce qu'il se passera à une époque ultérieure (Ibid.). Le hadîth "la-ya'qilanna-d-dîn…" semble bien désigner un temps futur ; de même, une version comportant elle aussi "la-ya'rizu" débute par "L'islam est apparu étranger et il redeviendra étranger", ce qui semble également faire allusion à un temps futur.

A considérer l'interprétation de 'Iyâdh et de Ibn Hajar, ces hadîths-ci ne soulèvent aucun questionnement par rapport aux hadîths précédents, ceux qui parlent de Shâm : ces hadîths-ci évoquent le fait que les musulmans ne cesseront de se rendre à Médine, tandis que les précédents parlent du fait qu'en des occasions plus nombreuses, Shâm constituera le lieu de défense de l'islam. Les deux groupes de hadîths ne concernent pas la même chose, et il n'y a donc pas de contradiction.

Par contre, l'une des deux interprétations que nous avons citées ci-dessus de Alî al-qârî fait, elle, surgir une question : Si ces hadîths-ci disent qu'à l'époque des troubles, les "gens de la foi" se réfugieront à Médine (ou au Hedjaz), comment comprendre les hadîths cités en B, qui disent qu'au moment où se produiront les troubles, "la foi sera à Shâm" ?

Alî al-qârî a proposé que la foi et le dîn se réfugieront en fait dans toute la région qui s'étend de Médine jusqu'à Shâm, Médine n'ayant été mentionnée dans certains hadîths qu'à cause de son importance (Mirqât 1/234). Les deux hadîths sont ainsi vérifiés, et il n'y a alors plus de contradiction.

Une autre interprétation : Alî al-qârî a écrit que ce retour du dîn au Hedjaz se fera à la fin des temps, lorsque, ailleurs, dans les pays des musulmans, ce seront les troubles et la domination des kâfir et des injustes (Mirqât 1/246-247). Or ceci pourrait signifier que ce sera l'influence du dîn dans les affaires de la vie qui ne restera plus qu'à Médine et au Hedjaz, tandis que l'affrontement de l'ennemi agresseur venu de l'extérieur aura lieu par le biais d'un groupe de musulmans se trouvant à Shâm. Ou bien peut-être que le Hedjaz constituera le lieu de refuge, la place-forte arrière, mais que le lieu du front avec l'agresseur se trouvera à Shâm.

-
D) "Dieu ne retirera pas la science en la retirant des serviteurs, mais Il retirera la science en faisant mourir les savants. Puis, lorsqu'Il n'aura laissé vivant aucun savant, les gens prendront comme chefs des ignorants ; questionnés, ils donneront la fatwa selon leur avis personnel ; ils seront alors égarés et égareront (les autres)" (al-Bukhârî).

Ce hadîth-ci pourrait également paraître comme contredisant le hadîth cité en B, qui dit qu'il ne cessera d'y avoir dans la Umma un groupe de personnes attachées à la vérité et agissant dans sa voie. En effet, ce hadîth-ci affirme qu'il viendra un temps où les leaders ne seront plus que des ignorants, présentant des avis fondés sur leur avis personnel (ra'y) comme des avis islamiques, car tout savant en sciences d'islam aura disparu. Comment peut-on être sur la vérité s'il n'y a plus un savant capable de donner un avis fondé sur les textes du Coran et de la Sunna et les principes en étant extraits ?

Deux réponses sont possibles...

Soit ce hadîth-ci parle d'un moment qui surviendra lorsque quelque temps aura passé après la mort de Jésus : l'ignorance s'installera alors partout. Il n'y a alors pas de contradiction, puisque l'autre hadîth parlait, comme nous l'avons vu plus haut en B, de la période qui va jusqu'au retour de Jésus (cf. FB 13/351).
 
Soit ce hadîth-ci parle d'une situation qui doit voir le jour certes avant la venue de Jésus, mais dans la majorité et non la totalité des terres d'Islam ; alors qu'il y aura toujours des lieux sur terre où les musulmans manquent de ulémas et prennent comme leaders des ignorants, à cette époque-là ce sera dans la plupart des lieux que les musulmans manqueront de ulémas et prendront des ignorants comme leaders ; cependant, même alors, en une petite quantité de lieux, des ulémas seront présents qui continueront à informer les musulmans qui seront autour d'eux : ces gens formeront alors le groupe demeuré sur la vérité (cf. FB 13/351).

Wallâhu A'lam (Dieu sait mieux).


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